ROI DE SUEDE. LlV. VII. 89
Mullern qui fit pendant tout ce tems la fonc-tion de cuisinier.
Tandis que Charles XII. paíToîtsavie dansson lit, il aprit la désolation de toutes ses Pro-vinces situées hors de la Suéde.
Le général Steinbok illustre pour avoir chasséles Danois de Scanie, & pour avoir vainculeurs meilleures troupes avec des païfans, sou-tînt encore quelque tems la réputation desarmes Suedoiíès. II défendit autant quìl pûtla Pomeranie & Brême, & ce que le Roi pos-sedoit encore en Allemagne : mais il ne pûtempêcher les Saxons & les Danois réunis depasser l’Elbe, & d’assiéger Stade ville forte &considérable, située près de ce fleuve dans leduché de Brême : la ville fut bombardée & ré-duite en cendres, & la garnison obligée de serendre à discrétion avant que Steinbok pût s’a-vancer pour la secourir.
Ce général qui avoit environ douze millehommes, dont la moitié étoit cavalerie, pour-suivit les ennemis qui étoient une fois plus forts,les obligea de repasser l’Elbe, & les atteignit en-fin dans le duché de Mekelbourg près d’un lieunommé Gadebuíh, & d’une petite rivière quiporte ce nom: il arriva vis-à-vis des Saxons &des Danois le 10. Décembre 1712. il étoit sé-paré d’eux par un marais. Les ennemis campésderriere ce marais étoient apuïés à un bois : ilsavoient l’avantage du nombre & du terrain ;& on ne pouvoit aller à eux qu’en traversantle marécage sous le feu de leur artillerie.
Steinbok passe à la tête de ses troupes, ar-rive en ordre debataille, & engage un des com-bats des plus sanglants & des plus acharnés quise fût encore donné entre ces deux nations ri-vales. Après trois heures de cette mêlée si vive,les Danois & les Saxons furent enfoncés, &quittèrent le champ de bataille. Un