ROI DE StJEDÈ. LlV. VII. Ç) f..
nat vouloit l’obliger à faire la paix avec leCzar & le roi de Dannemark qui attaquoíentla Suede de tous côtés, cette Princesse jugeant!bien que son frere ne ratifieroit jamais la paix,íè démit de la Regence & envoïa en Turquieun long détail de cetíe affaire.
Le Roi reçut le paquet de fa sœur à Démo-tica. Le Despotisme qu’il avoit siiccé en nais-sant lui faisoit oublier qu’autrefoís la Suedeavoit été libre, & que le Sénat gouvernoit an-ciennement le roïaume conjointement avec lesRois.
II ne regardoît ce corps que commeune tfoupede domestiques quivouloient commander dansla maison en l’absence du Maître; il leur é-crivit que s’ils prétendoient gouverner, il leurenvoieroit une de ses bottes, & que ce seroitd’elle dont il faudroit qu’ils prissent les ordres.
Pour prévenir donc ces prétendus attentatsen Suede contre son autorité, & pouf défen-dre enfin son pais, n’esperant plus rien de laPorte Ottomane, & ne comptant plus que furlui seul, il fit signifier au grand Vifir qu’ilsouhaitoit partir & s’en retourner par T Alle-magne.
L’ambassadeur dë France Desaleurs qui s’é-toit chargé des affaires de la Suede, fit la de-mande de fa part. Hé bien, dit le Vifir artcomte Desaleurs, n’avois-je pas bien dit quePennée ne se passeroit pas fans que le roi deSuede demandât à partir? Dites-lui qu’il est àson choix de s’en aller ou de demeurer ; maisqu’il se détermine bien, & qu’il fixe le jour deson .départ, afin qu’il ne nous jette pas une se-conde ibis dans l’embarras de Bender.
Le comte Desaleurs adoucit au Roi la du- 'reté de ces paroles. Le jour fut choisi, maisCharles avant que de quitter la Turquie, vou-
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