ROI DE SuEDE. LlV. VII. 99
demeurait depuis quelques jours: il lui pré-senta de la part du Grand Seigneur une largetente d’écarlate bordée d’or, un sabre avec unepoignée garnie dc pierreries, & huit chewutArabes d’une beauté parfaite avec des selhsíuperbes dont les étriers étoient d’argent mas-sif. II n’est pas indigne de l’histoire de dire qu’unécuïer Arabe qui avoir foin de ces chevaux,donna au Roi leur généalogie ; c’eít un usagectabli depuis long-tems chez ces peuples quisemblent faire beaucoup plus d’attention à lanobleslè des chevaux qu’à celle des hommes ; cequi peut-être n’eít pas si déraisonnable, puisquechez les animaux les races dont on a foin &qui font fans mélange ne dégénèrent jamais.
Soixante chariots chargés de toutes sortes daprovisions, & trois cent chevaux formoient leconvoi. Le Capigi Pacha sçachant que plu-sieurs Turcs avoient prêté de l’argent aux gensde la fuite du Roi à un gros intérêt, lui ditque l’usure étant contraire à la loi Mahomé-tane, il suplioit Sa Majesté de faire liquidertoutes ces dettes, & d’ordonner au Résidentqu’il laisseroit à Constantinople de ne païer quele capital. Non, dit le Roi, si mes domes-tiques ont donné des billets de cent écus, jeveux les païer quand ils n’en auroient reçuque dix.
II fit proposer aux créanciers de le suivreavec l’aílurance d’être païés de leurs frais &de leurs dettes. Plusieurs entreprirent le voïagede Suede, & Grothul'en eut foin qu’ils fussentpaïés.
Les T ures afin de montrer plus de déférencepour leur hôte, le faisoient voïager à très-pe-tites journées; mais cette lenteur respectueusegênoit l’impatience du Roi. II se levoit dansla route à trois heures du matin selon sa cou-G 2 tume.