ROI DE SUEDE. LlV. VIII. 12A
de ses vaisseaux qui croisoient dans la mer Bal-tique; dès le lendemain Stralsund se rendit;la garnison fut faite prisonnière de guerre &Charles aborda à Isted en Scanie, & delà íèrendit à Carlescroon dans un état bien autreque quand il en partit quinze ans auparavantfur un vaisseau de cent vingt canons pour allerdonner des lois au Nord.
Si près de fa Capitale, on s’attendoit qu’illa reverroit après cette longue absence : maisson dessein n’étoit d’y rentrer qu’après des vic-toires. II ne pouvoit se résoudre d’ailleurs àrevoir des peuples qui l’aimoient & qu’il étoîtforcé d’oprimer pour se défendre contre sesennemis. II voulut seulement voir sa sœur :il lui donna rendez-vous fur le bord du lacWeteren Ostrogotie: s’y rendit en poste, sui-vi d’un seul domestique, & s’en retourna aprèsavoir resté un jour avec elle.
De Carlescroon où il séjourna l’hiver, ilordonna de nouvelles levées d’hommes dansson Royaume. II croyoit que tous ses sujetsn’étoient nés que pour le suivre à la guerre,& il les avoit accoutumés à le croire aussi.
On enrftloit de jeunes gens de quinze ans;il ne resta dans plusieurs villages que des vieil-lards, des enfans & des femmes: on voyoitmême en beaucoup d’endroits les femmes seuleslabourer la terre.
II étoît encore plus difficile d’avoir une flotte :pour y snpléer on donna des commissions àdes Armateurs, qui moyennant des privilègesexcessifs & ruineux pour le pays équipèrentquelques vaisseaux : ces efforts étoient les der-nieres ressources de la Suede. Pour subvenirà tant de frais, il fallut prendre la substancedes peuples. II n’y eût point d’extorsion quel’on n’inventât fous le nom de taxe & d’impôt.t On