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descente en Suede; mais soit qu’il nes’accor-dât pas avec les rois de Pologne, d’Angleteryre, de Dannemark & de Prusse, Alliés juste-ment jaloux, soit qu’il ne crût pas encore sestroupes assex aguerries pour attaquer fur sespropres foïers cette même nation, dont lesseuls païsans avoient vaincu l’élite des troupesDanoises, il recula toûjours cette entreprise,.:
Ce qui l’avoit arrêté encore étoit le befofad’argent. Le Cxar étoit un des plus puissansMonarques du monde, mais un des moinsriches: ses revenus ne montoient pas alors àplus de dix-huit millions de nos livres - il avoirdécouvert des mines d’or, d’argent, de fer, decuivre; mais le profit en étoit encore incer-tain, & le travail ruineux. II établissoic ungrand commerce ; mais les commencemens nelui aportoient que des eíperances: ses Provin-ces nouvellement conquises augmentoient fapuissance & fa gloire, fans acroître encore sesrevenus. II falloit du tems pour fermer lesplaies de la Livonie, païs abondant, mais dé-solé par quinxe aus de guerre, par le fer, parle feu, & par la contagion, vuide d’habitans,& qui étoit alors à charge à son Vainqueur.Les flottes qu’il entretenois, les nouvelles en-treprises qu’il faisoit tous les jours, épuiíoientses finances : il avoir été réduit à la mau-vaise ressource de hausler les monnoïes, re-mede qui ne guérit jamais les maux d’unEtat,& qui est fur tout préjudiciable à un païs quireçoit des étrangers plus de marchandises qu’ilne leur en fournit.
Voilà en partie les fondemens fur lelquelsGoerts bâtit le dessein d’une révolution. IIosa proposer au roi de Suede d’acheter la paixde l’empereur Moscovite à quelque prix que cepût être, lui faisant . envisager le Czar irrité
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