ROI PE StTEDE. LlV. VIII. I3Í
leverser d’autres Roïaumes, il sembloit qu’ilne pouvoit de plusieurs années mettre la mainà cette grande machine, mais en moins de deuxans on le vit changer la face de l’Espagne,lui rendre son crédit dans l’Europe, engager,à ce qu’on prétend, les Turcs à attaquer l’em*pereur d’AIIemagne, & tenter en même teinsd’ôter la régence de France au Ducd’Orleans,& la couronne de la grande Bretagne au roiGeorges : tant un seul homme est dangereuxquand il est absolu dans un puillànt Etat, &qu’il a de la grandèur & du courage dans í’es-prit.
Goerts aïant ainsi dispersé à la cour deMoscovie & à celle d’Espagne les premièresétincelles de l’embrascment qu’il meditoit, allasecrettement en France, & de-là en Hollande,où il vit les adherans du Prétendant.
II s’informa plus particulièrement de leursforces, du nombre & de la disposition des mé-contens d’Angleterre, de l’argent qu’ils pou-voient fournir & des troupes qu’ils pouvoientmettre fur pied. Les mécontens ne deman-doient qu’un secours de dix mille hommes, &faisoient envisager une révolution sûre avecl’aidede ces troupes.
Le comte de Gillembourg, ambalîàdeur deSuede en Angleterre, instruit par le baron deGoerts, eut plusieurs conférences à Londresavec les principaux mécontens, il les encou-ragea & leur promit tout ce qu’ils voulurent;le parti du Prétendant alla jusqu’à fournir dessommes considérables que Goerts toucha enHollande. II négocia l’achat de quelques vaií-seaux, & en acheta six en Bretagne avec desarmes de toute efpece.
11 envoïa alors secrettement en France plu-sieurs Officiers, entr’autres le chevalier deFol-1 2 lard