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A l’égardduroid’Anglettere, il n’avoit rienfait que de juste en arrêtant prisonnier un en-nemi. 11 fit pour íà justification imprimer leslettres du baron de Goerts & du comte deGiilembourg trouvées dans les papiers de cedernier. Le roi de Suede étoit alors dansla province de Scanie; on lui aporta ces let-tres imprimées avec la nouvelle de l’enlévementde ses deux Ministres. II demanda en sou-riant si, on n’avoit pas auíïì imprimé les sien-nes ? il ordonna aulîì-tôt qu’on arrêtât à Sto;kolmle résident Anglois avec toute fa famille& ses domestiques ; mais il ne put se vangersur les Hollandois qui n’avoient point alorsde Ministre à la cour de Suede. Cependant iln’avoua ni ne désavoua le baron de Goerts ;trop fier pour nier une entreprise qu’il avoiraprouvée, & trop sage pour convenir d’un des-sein éventé presque dans fa naissance, il se tintdans un silence dédaigneux avec l’Angleterre& la Hollande.
Le Czar prit tout un autre parti. Commeil n’étoit point nommé, mais obscurément im-pliqué dans les lettres de Giilembourg & deGoerts ; il écrivit au roi d’Angleterre une longuelettre pleine de complimens fur la conspiration,& d’assurance d’une amitié sincere : le roiGeorges reçut ses protestations fans les croire,& feignit de se laisser tromper. Une conspi-ration tramée par des particuliers quand elleest découverte, est anéantie ; mais une conspi-ration de Rois n’en prend que de nouvelles for-ces. Le Czar arriva à Paris au mois de Maide la même année 1717. il ne s’y occupa pasuniquement à voir les beautés l’art & de lanature, à visiter les académies, les bibliothè-ques publiques, les cabinets des curieux, lesmaisons roïales; il proposa au duc d’OrleànsI 4 regeht