ROI DE SuEDE. LlV. VIII. IZ?
toyageoit pour s’instruire; mais trop de Fran-çois ne virent en lui que les dehors grossiersque fa mauvaise éducation lui avoit laissés ; &le législateur, le créateur d’une nation nou-velle, le grand homme leur échapa.
Ce qu’il cherchoit dans le duc d’Orleans,il le trouva bien-tôt dans le cardinal Alberonï,devenu tout puissant en Espagne. Alberonine souhaitoit rien tant que le rétablissement duPrétendant, & comme ministre de l’Espagneque l’Angleterre avoit si mal-traitée, & commeennemi personnel du duc d’Orleans lié avecl’Angleterre contre l’Espagne, & enfin commePrêtre d’une Eglise pour laquelle le pere duPrétendant avoit si mal à propos perdu fa cou-ronne.
Le duc d’Ormond aussi aimé en Angleter-re que le duc de Malbouroug y étoit admiré,avoit quitté son pays à l’avénement du roiGeorges, & étoit alors retiré à Madrid ; ilalla muni des pleins pouvoirs du roi d’Espagne& du Prétendant trouver le Czar sur son pas-sage à Mittau en Curlande, accompagné d’Ir-negan autre Anglois, homme habile & entre-prenant. 11 demanda la Princesse Anne Pe-trona fille du Czar, en mariage pour le filsde Jacques II. espérant que cette alliance at-tâcheron plus étroitement le Czar aux intérêtsde ce Prince malheureux. Mais cette propo-sition faillit à reculer les affaires pour un témsau lieu de les avancer. Le baron de Goertsavoit dans ces projets destiné depuis long-tems cette Princesse au duc de Holstein, quien effet l’a épousée depuis. Dès qu’il sçutcette proposition du duc d’Ormond, il en futjaloux & s’apliqua à la traverser. 11 sortit deprison au mois d’Août aussi-bien que le comtede Gillenbourg, sans que le roi de Suede eûtï daigné