ROI DE SlTEDE. LlV. VIII. 149
serva de ses premiers principes que celui d’uneprédestination absolue, dogme qui favorisoit soacourage, & qui justifioit ses témérités. LeCzar avoit les mêmes sentimens que lui fur lareligion & fur la destinée. Mais il en parloirplus souvent ; car il s’entretenoit familièrementde tout avec ses favoris, & avoit par dessusCharles l’étude de la philosophie, & le don del’éloquence.
Je ne puis me défendre de parler ici d’unecalomnie, renouvellée trop souvent à la mortdes Princes, que les hommes malins & crédu-les prétendent toûjours avoir été empoisonnésou assassinés. Le bruit se répandit alors en Al-lemagne, que c’étoit monsieur Sikerlui-mêmequi avoit tué le roi de Suede. Ce brave Of-ficier fut long-temps désespéré de cette calom-nie; un jour en m’en parlant, il me dit cespropres paroles : J’aurois pû tuer le roi deSuede, mais tel étoit mon respeéì pour ceHéros que si je l’avois voulu, je n’aurois pasosé.
Aprés fa mort on leva le siège de FrideriksHall. Les Suédois plus accablés que flatés dela gloire de leur Prince, ne songèrent qu’àfaire la paix avec leurs ennemis, & à réprimerchez eux la puissance absolue dont le baronde Goerts leur avoit fait éprouver l’excès.Les Etats élurent librement pour leur Reinela Princesse sœur de Charles XII. & l’obli-gérent solemnellement de renoncer à toutdroit héréditaire fur la couronne, afin qu’ellene la tint que des suffrages de la nation ; ellepromit par des sermens réitérés qu’elle ne ten-teroit jamais de rétablir le pouvoir arbitraire;elle sacrifia depuis la jalousie de la roïautéà la tendresse conjugale, en cédant la couron-ne à son mari, & elle engagea les Etats à élire