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J.-J. Rousseau à Venise, 1743-1744 : notes et documents / recueillis par Victor Cérésole, Consul de la Confédération suisse à Venise ; publiés par Théodore de Saussure
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Rousseau, dans une lettre dont la traduction porte la datedu 26 novembre 1744. Cette écriture est probablement cellede Le Blond, mais pourrait être aussi celle de labbé de Binis,attaché à lambasade, qui travaillait quelquefois avec M. deMontaigu, ou celle de Patizel, chancelier du consulat de France.

Nous avons vu, du reste, par le document reproduit à lapage 14 et tiré du livre des « Annotations des InquisiteursdEtat», quen réclamant par son mémoire du 31 août 1744le renvoi de Rousseau, le comte de Montaigu le qualifiait « suosegretario ». 1

De plus, nous sommes maintenant en mesure de donner lareproduction photographique dune pièce signée en qualitéde secrétaire de lambassadeur par notre compatriote. Cestla seule qui ait été découverte jusquici avec cette signature,et avant mes recherches elle était restée inconnue. Cest leduplicata dun « passeport » du 10 avril 1744, signé par« Montaigu » et un peu plus bas, à droite, « par son Excel-lence. J.-J. Rousseau, » permettant dentrer en franchise

dans la ville quatre sacs de farine et un tonneau de vin, « pourlusage et consommation de la maison de lambassadeur. »

La conservation de cette singulière pièce, qui était restéedans les cartons (filze) intitulés : « Deliberazioni del Senato,Giugno-Agoslo 1744, » Corte Senato (segreta), et dans la jilzaportant le n° 262, est due à des contrebandiers qui, pourse servir de ce document, ont gratté en tête des armoiriesdu comte do Montaigu le mot duplicata. (Les traces du motgratté, perceptibles sur loriginal, nont malheureusement paspu être reproduites par la photographie.) Cette fraude fut dé-couverte le 4 juin 1744 au bureau de douane de Moranzano,

1 Nous navons trouvé aux Archives ni loriginal français, ni la traductiondudit mémoire.