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Rousseau, dans une lettre dont la traduction porte la datedu 26 novembre 1744. Cette écriture est probablement cellede Le Blond, mais pourrait être aussi celle de l’abbé de Binis,attaché à l’ambasade, qui travaillait quelquefois avec M. deMontaigu, ou celle de Patizel, chancelier du consulat de France.
Nous avons vu, du reste, par le document reproduit à lapage 14 et tiré du livre des « Annotations des Inquisiteursd’Etat», qu’en réclamant par son mémoire du 31 août 1744le renvoi de Rousseau, le comte de Montaigu le qualifiait « suosegretario ». 1
De plus, nous sommes maintenant en mesure de donner lareproduction photographique d’une pièce signée en qualitéde secrétaire de l’ambassadeur par notre compatriote. C’estla seule qui ait été découverte jusqu’ici avec cette signature,et avant mes recherches elle était restée inconnue. C’est leduplicata d’un « passeport » du 10 avril 1744, signé par« Montaigu » et un peu plus bas, à droite, « par son Excel-lence. J.-J. Rousseau, » permettant d’entrer en franchise
dans la ville quatre sacs de farine et un tonneau de vin, « pourl’usage et consommation de la maison de l’ambassadeur. »
La conservation de cette singulière pièce, qui était restéedans les cartons (filze) intitulés : « Deliberazioni del Senato,Giugno-Agoslo 1744, » Corte Senato (segreta), et dans la jilzaportant le n° 262, est due à des contrebandiers qui, pourse servir de ce document, ont gratté en tête des armoiriesdu comte do Montaigu le mot duplicata. (Les traces du motgratté, perceptibles sur l’original, n’ont malheureusement paspu être reproduites par la photographie.) Cette fraude fut dé-couverte le 4 juin 1744 au bureau de douane de Moranzano,
1 Nous n’avons trouvé aux Archives ni l’original français, ni la traductiondudit mémoire.