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des morceaux de bois et autres matériaux aux gens de latartane, a répondu :
Que non, qu’en réponse au mot turc susdit, les Esclavonsavoient commencé à leur jetter des massicles et morceaux debois, que le contre-maître leur en avoit rejetté une des mêmes,que l’équipage les voyant continuer avoit voulu courir auxboulets, ce que luy capitaine en second avoit empêché, etqu’alors les Esclavons avoient sautés sur le vaisseau le sabreà la main.
Interrogé s’il n’avoit pas été jetté de leur part quelqueboulet sur la tartane, a répondu :
Qu’il n’en a été jetté aucun, parce qu’il est accouru sur lechamp et l’a empêché.
Interrogé d’où peut provenir un boullet qui a esté trouvésur la tartane, a répondu :
Qu’il n’a aucune difficulté qu’il soit un de ceux des canonsde la tartane même, et que d’ailleurs ayant esté les maistres dususdit vaisseau, ils ont pu y prendre tout ce qu’ils ont voulu.
Interrogé pourquoi ils n’ont pas crié au corps de gardevoisin, a répondu :
Qu’au commencement de la dispute, ils n’ont nullementprévu que les gens de la tartane puissent venir à ces vio-lences et que, quand on les a vu sauter à bord les armesà la main, chacun n’a songé qu’à se sauver ; que d’ailleurs ilsavoient d’autant moins d’assistance à espérer dudit corps degarde, que s’il avoit voulu, selon le dû de sa charge, arresterces excès qui se passoient sous ses yeux, il étoit très à portéede le faire, mais qu’il étoit si peu dans cette disposition, qu’ilavoit complotté, au contraire, de faire feu sur le vaisseau s’ileut vû qu’il se fût mis en deffense.
Interrogé comment il étoit instruit de ce complot, a ré-pondu :