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Les dépêches de M. de Montaigu confirment ce que ditRousseau de cette liaison (13 juillet 1743) :
« M. de Mari me proposa hier une promenade que j’ac-ceptai, dans laquelle il me dit qu’il avait ordre de sa cour dese lier intimement avec moi. » (Et au ministre, sous la mêmedate: ) « M. de Mari est un homme plein d’esprit et qui meprévient sur tout. »
Un peu de médisance contre le prochain et surtout contrele prochain supérieur, un peu de complaisance pour soi-même,une grande véracité de récits, une juste appréciation de l’étatpolitique et social de Venise au milieu du dix-huitième siècle,voilà ce que nous fait voir dans les Confessions l’étude de lacorrespondance diplomatique de Venise en 1743 et 1744. Debonne foi y a-t-il beaucoup de mémoires anciens et modernesqui résisteraient mieux que les Confessions à une épreuve età une confrontation de ce genre ?
Ces emprunts que nous venons de faire à Saint-Marc Girardincomplètent et corroborent, comme on le voit, la consciencieuseétude entreprise par M. Ceresole.
Les deux auteurs, en cherchant à établir la vérité historique,ont dû naturellement consulter avant tout le livre des Confes-sions. Nous les laissons juges du plus ou moins de créance qu’ilfaut accorder aux récits contenus dans ce livre; mais nous nepouvons omettre une observation que tout lecteur fera, commenous, à propos de ces récits.
Les pages que le citoyen de Genève a consacrées à son séjourà Venise sont d’abord peu édifiantes et, de plus, elles nousdonnent une triste idée de son caractère. M. de Montaigu n’étaitprobablement pas à la hauteur de ses fonctions et Rousseauavait à se plaindre de lui; mais le secrétaire s’applique à tracerde l’ambassadeur le portrait le plus ridicule et le plus odieux,dans le but évident de se faire valoir lui-même. Il donne aussi