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Voici la lettre au ministre :
Monsieur,
Depuis la dernière lettre que j’ai eu l’honneur de vous écrirele 25 de janvier, j’ai receu celles dont vous m’avez honoré le31 de décembre et le 7 du mois dernier.
L’extérieur de secret que l’on a gardé dans plusieurs Pregadipar les serments que l’on faisait faire à tout le monde n’a jus-qu’à présent rien produit qui doive nous inquietter. Mon atten-tion ainsi que celle de Monsieur l’ambassadeur d’Espagne 1 nousavoient instruits, l’un et l’autre, de tout ce qui est contenu dansl’extrait de la lettre que vous m’avez envoié et j’ai prévenu surcela ce que vous me faites l’honneur de me mander en présen-tant pour lors un mémoire au Sénat qui m’a fait une réponsetelle qu’on la pouvoit désirer et que je vous ai envoiée avec madépêche du 11 e janvier. Je n’en présenterai pas un second surce sujet, aiant receu dimanche dernier du Sénat, par M. le che-valier Erizzo, sur la demande que je lui avois faitte de vivrespour les trouppes du roy quand elles seroient en Italie, uneréponse telle qu’on le pouvoit désirer, m’assurant de la part duSénat de l’envie la plus grande de maintenir la bonne amitié etl’harmonie qu’il y avoit entre les deux puissances, de vénéra-tion et de son respect pour le roy et de son attention à lui endonner des marques dans touttes les occasions ; que quand sestrouppes seroient en Italie, la République enuseroit à cet égardcomme elle avoit fait par le passé, qu’elle fourniroit de tout enpaiant, qu’elle desiroit de se maintenir en bonne intelligenceavec tous les princes et de conserver ses Etats. Je pris de làoccasion de lui dire que j’avois receu de vous une lettre parlaquelle vous eties averti de tout ce que contient l’extrait de lalettre que vous m’avez envoiée. Il reprit sur cela vivement en
1 L'ambassadeur d’Espagne était alors le marquis de Mari (nommé plusloin), membre d’une famille qui existe encore à Gênes. Il fut remplacé ennovembre 1745 par le marquis Scotti.