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ont très certainement pris leur origine à Genève. Ellesy germaient, encore peu définies et inconscientes, dès lecommencement du XVIII 0 siècle. Rousseau les a faites siennesen les précisant et les formulant en théorie. C’est ainsi qu’illes a jetées dans le monde, en se faisant applaudir par les unset honnir par les autres. Du reste, dans son style si admirable,nous pouvons discerner certains défauts et, dans sa tournured’esprit, certains traits auxquels nous reconnaîtrions facile-ment un de nos compatriotes, si nous ne savions pas qu’il l’aété.
Th. de S.
Page 50, ligne 9. — « Ce fut en 1794 que les révolution-naires genevois.lui élevèrent un monument. »
Ce monument était un grand buste informe, posé sur unecolonne beaucoup trop mince. On se plaisait à dire que lesrévolutionnaires avaient voulu représenter une tête sur unepique. Ce buste fut inauguré le 28 juin, anniversaire de lanaissance de Rousseau, et placé dans la promenade des Bas-tions, à laquelle on donna, à cette occasion, le nom de Lycéede la Patrie. C’est dans ce Lycée de la Patrie, non loin dubuste de Rousseau, qu’eurent lieu, un mois après, le 25 juillet1794, les premières exécutions révolutionnaires.
Après la révolution cette promenade fut longtemps délais-sée des Genevois, à cause des tristes souvenirs qui s’y ratta-chaient. En 1816, Augustin-Pyrame de Candolle la remit enhonneur, lorsqu’il en transforma une partie en jardin bota-nique.
La création de ce jardin fit disparaître le buste de Rousseau.Mais plus tard, en 1835, à une époque parfaitement calmeet sans aucune préoccupation politique, les Genevois élevèrent