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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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FRANCE ET RUSSIE

Au fond du jardin de la petite maison quil habitait, il avait installé unassez vaste colombier sébattaient de nombreux groupes de pigeonsvoyageurs provenant des meilleures races.

Ce qui tout dabord navait été quun plaisir devint bientôt pour luilobjet dune véritable passion ; il entra en relations avec des sociétés,des éleveurs et, au bout dun certain temps, il échangeait de fréquentescommunications aériennes avec Lyon, Genève et Lausanne.

Plusieurs fois par jour il visitait ses élèves, lâchait quelques couples;quand il nétait pas, son ordonnance, un Savoisien aussi, le suppléaitdans cette besogne.

Dans la matinée de cette journée du 5 juillet, le lieutenant était ailé,comme de coutume, visiter ses voyageurs.

Au moment il faisait ses adieux à ses chères colombes, en leurdistribuant une dernière poignée de graines, un messager, sabattant sur lepigeonnier, pénétra dans lintérieur de la galerie.

Le prendre et lui retirer une petite plume dans laquelle se trouvait anbout de papier pelure doignon fut laffaire de quelques secondes.

Après une caresse à la gracieuse petite bête et quelques bonnes grainespour sa récompense, le lieutenant Perrin déroula la lettre minuscule etsapprêta à la déchiffrer.

Ecrite en clair, il lui suffit de peu dinstants pour la lire.

Cest extraordinaire ! murmura-t-il en pâlissant affreusement. Et ilse mit à relire la dépêche mot par mot.

Il consulta sa montre. Il nétait pas encore cinq heures.

Allons à la caserne directement, se dit-il. Jy serai avant le départdu bataillon.

Il hâta le pas et arriva bientôt. Pendant le trajet, malgré son sang-froid habituel, il avait peine à maîtriser son agitation.

A tout instant, il était tenté de relire la dépêche quil tenait serréedans la main. Ses mouvements étaient saccadés et il pressait de plus enplus lallure.

En arrivant au quartier, le lieutenant avait affecté un instant, enprésence de la troupe, plus de calme qu'il nen éprouvait. Puis, ne trouvantpas le commandant, il sétait décidé à se rendre à son domicile.

Quelle terrible nouvelle je vais lui apprendre ! se disait-il. Les Ita-liens ont envahi la Suisse pendant la nuit et marchent sur notre frontièrequils espèrent franchir, par surprise. Il ny a pas de doute, cest la grandeguerre qui commence !

La demeure du commandant était un peu éloignée, Située sur la route