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FRANCE ET RUSSIE
la cinquantaine. D’une famille alsacienne établie dans les Vosges, il avaitdébuté en Italie comme sous-lieutenant de chasseurs à sa sortie — le pre-mier — de Saint-Cyr. En 1870, à Borny, où il commandait une compagnie
de chasseurs, un éclat d’obus qui luilaboura la figure, le coucha par terreen même temps qu’une balle lui tra-versait l’épaule;sans le dévouementd’un brave curé, l’abbé de Meissac,qui explorait le soir le champ de ba-taille et qui le secourut, il est bienprobable qu’il n’en fut jamais revenu.
Après la capitulation, les Prus-siens, l’ayant jugé trop souffrantpour qu’il pût reprendre les armes,l’évacuèrent non pas sur ses foyers,mais sur le Nord, où il avait quel-ques amis.
D’une nature énergique, le capi-taine Grimot reprit bientôt du ser-vice, assista à une partie de la cam-pagne de l’armée du Nord et futpromu chef de bataillon en décembre1870. Remis capitaine par la com-mission de révision des grades, il futnommé de nouveau chef de bataillonen 1873. En 1883, il était colonel.
Au Tonkin, de 188o à 1887, ilrentra en France comme général debrigade. Très brave, il avait la plusgrande affection pour les chasseurs,qui la lui rendaient et qui l’auraientsuivi au bout du monde. Les soldatsl’avaient surnommé le Balafré , enraison de la blessure dont la marqueétait dessinée par un large sillon quilui coupait la joue droite et lui donnait une étrange physionomie.
Les officiers le craignaient comme la peste.
Une seule manie, qui n'en a pas? — un amour excessif de l’uniforme deschasseurs, de l’esprit de corps Un jour on entendit ce nouveau Castellane
LE GENERAL GRIMOT.