FRANCE ET RUSSIE
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enjoignant de rejoindre leur régiment! Je vois leur tête ! Dans vingt-quafreheures, mes petits, vous aurez endossé la capote et vous serez sous la coupede bibi.
CHAPITRE III
En route pour la frontière! — Une conférence en wagon. — Le pays des Allobroges. — Ledéraillement du train. — Deux heures d’arrêt à Annemasse.— L’envoyé du général Berge.— Distribution des cartouches. — Le fanion du général. — La machine d’avant-garde. —Coup d’œil sur le paysage. — Mobilisation!
jspendant , les employés avaient fermé lesportières.
L’officier commandant la garde de police etadjudant-major venaient, de terminer l’inspectiondu train et de faire les dernières recommandationsaux hommes.
— En route ! commanda ce dernier. Défensede descendre avant Annemasse! Clairon,sonnez « La casquette ! »
Un sifflement strident traversa etdomina la sonnerie « As-tu vu », desclairons, puis la locomotive cracha,souffla, fuma et entraîna la longue file
de wagons.
A — Il n’y a tout de même pas trop de temps de perdu, dit legénéral, en consultant sa montre. Il est 7 heures 5. Commandant, jevous félicite, et vous aussi, lieutenant Perrin. C’est bien.
Puis il ajouta :
— Tout à l’heure, messieurs, j’aurai une communication à vous faire.
— Tu vas voir qu’il va nous gratifier d’une conférence à la Galliffet, ditle capitaine Renaud à son collègue Munier. Merci, je sors d’en prendre !
— Et moi qui rêvais de m’endormir en fumant ma pipe. Décidément, pascommodes les wagons-salons ; j’aimerais mieux être dans un compartimentde t re classe avec les lieutenants.
Chez ces derniers, en effet, on ne s’ennuyait pas.