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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA. GUERRE DE MONTAGNES

champagne fut débouchée et répandit ses flots mousseux dans les gobeletscle cantine.

A la bravoure italienne ! dirent les officiers français.

Au courage français! répondit lofficier italien.

Les verres sentrechoquèrent. LItalien était visiblement ému dun accueilaussi cordial. Il tendit J a main au capitaine Renaud qui était devant lui ;puis, montrant une médaille commémorative placée sur sa poitrine, il ditdune voix troublée :

Je me souviens davoir gagné ceci en combattant à vos côtés, àSolférino.

Et, les larmes dans les yeux, il séloigna.

Nos chasseurs, qui avaient assisté, muets, à cette scène touchante, nepurent sempêcher de crier :

Bravo, lItalien !

Lofficier étranger salua.

Ordre fut transmis de ne pas tirer pendant six heures.

Quelques instants après, ladjudant-major était rappelé aux avant-postes. Un groupe de quatre hommes, vêtus à la mode du pays, demandaità franchir nos lignes. Lun deux était pourtant connu des chasseurs, maisla sentinelle lui avait dit :

Quand bien même vous seriez le lieutenant Perrin, vous ne passerezpas sans l'autorisation du chef de poste.

Cétait le lieutenant Perrin en effet, accompagné dun inconnu, ducolonel Rigny et du guide Gilbert, personnages que nos lecteurs connais-sent déjà, mais dont on navait plus entendu parler depuis vingt-quatreheures.

Ah çà ! d venez-vous donc, clans cet accoutrement ? demandal'adjudant-major Drassam.

Vous allez le savoir, dit Perrin : nous venons tout simplementdorganiser les guérillas suisses. Ces brvaes gens sont indignés de voirvioler la neutralité de leur pays et ils veulent faire la guerre de partisanspour protester contre labstention des troupes fédérales. Nous sommesallés nous entendre avec eux et, dès hier, nous avons eu le plaisir de lesvoir ouvrir le feu sur la rive droite. La fusillade que vous avez pu enten-dre a quelque peu vous intriguer, nest-ce pas ?

Cest donc cela ! dit Georget. En effet, hier, nous ne comprenions rienà ce qui se passait-bas. Jétais à mille lieues de soupçonner la vérité,moi qui vous croyais au contraire en avant, chargé de préparer Jecantonnement !