114
LA GUERRE DE MOATAGNES
Depuis la spécialisation des troupes de montagne, qui remonte au24 décembre 4 888, les défilés alpestres sont divisés en douze secteurs ayantchacun pour le défendre un bataillon alpin, une section spéciale du génieet une batlerie de montagne.
La réunion de ces trois armes forme ce qu’on appelle un groupe alpin.Lorsque deux groupes marchent ensemble, ils forment une brigade de mon-tagne.
La revue du bataillon alpin avait duré plus d’une heure. Le généraln'avait rien négligé, examinant les 600 hommes presque un à un, surveillantles mulets et leur harnachement, les caisses de bât et leur chargement,fouillant dans les cantines et n'omettant aucun détail.
Le général félicita le commandant Rousseau, puis passa l’inspectionde la batterie de montagne, commandant Julien, du 157° régiment d’infante-rie, colonel Rude, et du 158° d’infanterie, colonel Decelle, ces deux derniersrégiments formant la brigade régionale de Lyon.
Les régiments étaient «à trois bataillons. Les lignards avaient la tente-abri, la couverture de campement et le bâton ferré réglementaire.
— Au total, combien d’hommes amenez-vous? demanda le généralGrimot au colonel Rude.
— Six bataillons à 500 hommes, cela fait 3,000 hommes; le bataillonalpin, 650 hommes ; la batterie de montagne, 200 hommes ; en tout,3,850 hommes et 200 mulets.
— L’adjudant-major Drassam va vous indiquer vos cantonnements.Quand vous serez installé, je vous enverrai des ordres pour la nuit et lajournée de demain. Colonel, vous pouvez rompre.
La colonne fit par le flanc droit, se mit en marche et alla se disloquerdans le village.
Quelques instants après, on entendit, dans Monthey même, un claironde la ligne qui sonnait aux fourriers :
Voi-là le fonr-rier!
Qui va se noy-er!
Dans son en-cri-er!
— Tonnerre! s’écria le général. Quel est donc l’imbécile qui oubliequ’on ne sonne pas en présence de l’ennemi? Monsieur Rous, allez luiinfliger quatre jours de ma part.
L’officier d’ordonnance partit au galop porter la punition.
Au loin, un nuage de poussière annonçait l’arrivée d’une nouvellecolonne venant du Bouveret.
— Est-ce qu’on m’envoie encore des renforts? s’écria le général en se