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vrai service, et votre cœur me répond du zèle et de l’empressement quevous mettrez à obliger vos amis; comme le mien vous assure d’avancela plus juste reconnaissance.
Sans doute, vous trouverez naturel de notre part, le désir d’obtenirnotre délivrance d’une position, que les meilleurs procédés de nos supé-rieurs ont adouci autant que possible; mais qui est toujours une captivitéaffligeante pour des êtres séparés de tout ce qui leur est cher, dans untemps critique où la voix de la patrie et des amis chéris, appelle toutêtre bien pensant à partager un avenir heureux, que la grande révolutionnous a destiné, et qui doit nous attacher plus que jamais à notre sort.
C’est l’objet de la pétition que je vous adresse, citoyen compatriote,de la part des otages bernois, qui pour la chose, comme surtout pour lessentiments de la plus parfaite confiance en vous, pensent de même.
Veuillez accorder quelques soins à notre sollicitude commune; ets’il est nécessaire, un coup d’œil sur la personnalité à laquelle j’ose enappeler; A T ous me connoissez.
Ci-joint vous trouverez une lettre de votre respectable parent,qu’avec sa confiance amicale, il a bien voulu me communiquer. Il n’estpas impossible, qu’il ne vous parvienne encore d’autres sollicitations par-ticulières, que votre cœur généreux et votre esprit juste apprécieront;mais comme celle-ci ne s’étend que sur l’objet le plus simple et le plusnaturel, j’ose vous prier de ne pas lés réunir, ni les confondre, attenduque pour moi et la plupart des nôtres nous ne demandons que le grandpoint, — notre liberté; — et nous l’espérons, par votre entremise, amicalede la générosité de ceux qui en disposent.
(Sig.) X. Diessbach.
Strasbourg, le 17 prairial, an VI (5. Juni 1798).
Citoyen chargé d’affaires ! —
Les otages bernois ont été transférés à leur destination dès le 21germinal, du tems que les pouvoirs militaires français étoient, comme ils lesont encore, maîtres du pays, ainsi que du sort privé de chacun des otagesdésignés. —
Depuis deux mois, les uns séparés de leurs ménages isolés, d’autresde leurs familles affligées, comme de tout ce qui dans des moments critiquespeut concourir à quelqu’acheminement pour leurs subsistances à venir,sentent d’autant plus naturellement le désir du retour dans leurs foyers,que pendant leur détention, ils ont fait tout ce qui étoit en leur pouvoirpour ne pas arrêter la levée de la contribution, autant que cela pouvoitregarder leurs modiques fortunes. — Ils dévoient en même tems déplorer