I]
Depuis 1840 les importations en Suisse sont consignée chaque année,il est vrai, dans un aperçu spécial par l’administrateur des fonds fédéraux dela guerre ; mais, d’un côté, on n’indique pas dans cet aperçu l’importationdes objets qu’on appelle de nécessité, tels que le blé, les légumes farineux,les pommes de terre, la farine, le sel, le beurre, le bétail, le foin, la paille,les bois de construction et d’affouage, les planches, les ouvrages communsfabriqués en bois, le charbon, l’écorce d’arbre, le gypse, la chaux, les tuiles,etc., parce que ces objets ne sont pas soumis à l’impôt fédéral à la frontière;d’un autre côté, le tableau élaboré par l’administrateur des fonds fédéraux dela guerre n’indique pas les stations d’importation par lesquelles ont passé lesmarchandises respectives, de sorte qu’on ne peut recourir à ce tableau pourconnaître l’origine des marchandises ; on ne peut pas même avoir connaissancede cette origine en consultant les registres frontières tenus à chaque stationde péage, car il arrive fréquemment que ces registres n’indiquent pas d’unemanière exacte l’origine des marchandises.
Par conséquent, les contrôles suisses ne peuvent servir à établir exacte-ment l’importation en Suisse des différents États qui nous avoisinent. Les docu-ments sur l’exportation de la Suisse manquent entièrement, puisqu’il n’existe àcet égard aucun contrôle suisse; c’est pourquoi il faut toujours consulter lescontrôles des États voisins dans des travaux statistiques de ce genre. C’està ce manque de tout contrôle qu’il faut attribuer la circonstance qu’en Suisse oneu, jusque dans ces derniers temps, si peu de données certaines sur l’étenduedu commerce suisse en ce qui concerne l’importation, l’exportation et le transit.
L’impossibilité dans laquelle on se trouve de porter avec certitude un juge-ment sur l’étendue du commerce suisse, cas qui est commun à tous les anciensrapports sur les affaires et les relations commerciales, quoique ceux-ci émanentde magistrats suisses très-clairvoyants et remplis de connaissances, est d’autantplus surprenante, qu’en France notamment on dresse depuis plusieurs années destableaux officiels que l’on rend publics par la voie de l’impression sur les ré-sultats du commerce français avec les États voisins, par conséquent avec laSuisse aussi.