L’industrie séricicole a été importée au treizième siècle de la Lombardie d’abord à Zurich p).
A la fin du treizième siècle , il existait des règlements et des curateurs ( Pfleger ) spéciaux pourla fabrication de la soie.
Par suite des guerres dans lesquelles Zurich se trouva engagé après son annexion à la Con-fédération suisse, l’industrie séricicole se perdit entièrement jusqu’au commencement du quinzièmesiècle ( 2 ); vers le milieu du seizième siècle (1554) elle fut cependant réimportée de Locarno àZurich et peut-être dans le même temps à Bâle aussi ( 3 ).
Pendant la guerre de trente ans , cette branche d’industrie, comme toutes les autres, souffritde nouveau beaucoup.
Schinz rapporte que dans ce temps-lâ une fileuse de soie ne pouvait gagner avec ses deuxenfants que 24 schillings par semaine, et comme le muids de froment, qui ne coûtait auparavantque 3 à 4 florins , s’était élevé à 16 florins , elle pouvait à peine acheter deux pains pour cettesomme.
„brise les forces productives matérielles et intellectuelles du peuple, et — du moins en partie — les„détourne des sources des revenus naturels, plus conformes à la position même du pays, pour les por-ter sur ces branches d’industrie, lesquelles — étant moins propres au terrain dans lequel on les a„plantées — n’acquièrent une médiocre prospérité qu’à la faveur de droits protecteurs constamment„très élevés, et ne peuvent se maintenir dans cet état.“
„La France doit principalement l’état florissant de ses manufactures de soie à son antique industrie„de Lyon, favorisée par des circonstances locales, et à l’habileté qui est propre aux fabricants et aux„ ouvriers de cette ville. Il faut avoir vu sur place le mécanisme de cette industrie dans tous ses rou-lages compliqués pour être convaincu qu’elle est devenue une plante entièrement indigène sur le sol„lyonnais. II y a plusieurs branches de cette industrie qui sont si difficiles à apprendre, que le fabricant„qui les dirige, aussi bien que l’ouvrier qui exécute la partie mécanique, doivent pour ainsi dire s’y être„adonnés dès leur enfance pour acquérir un certain degré d’habileté, qui se transmet ensuite dans les„familles de génération en génération. Et c’est précisément pour cette industrie que le système prohibi-tif de la France, qui est d’ailleurs très rigoureux, est trop modéré, puisque les étoffes étrangères de„soie n’ont à payer qu’un droit de 17 à 18 pCt., tandis qu’en Autriche ce droit s’élève à 60 pCt.„et au-dessus. w
Observation. Un kilogramme d’étoffe de soie unie, estimé officiellement au bureau des péages à110 fr. de France, paie 18 fr. de France 60 centimes = 16, 9 pCt. de la valeur. Un kilogrammed’étoffe façonnée, estimé officiellement à 120 fr. de France, paie 22 fr. de France 16 centimes = '18,. pCt.de sa valeur.
(*) Voir l’histoire du commerce de la ville et du pays de Zurich, par Jean Henri Schinz, page 77.
( 2 ) Ibid, page 106.
( 3 ) Franscini , Nuova Statistica, pense que l’industrie séricicole a été importée à Bâle depuis 1660; quelquesvers à la louange de Bâle, lesquels datent de 1587, prouvent que déjà alors l’industrie y était trèsflorissante. Ces vers sont ainsi conçus:
Der Handwerh findt rnan allerleiGleich wie in Stdtten reich und freiBesonders wird da auf aile WeisSeiden und Sarnmet gemachl mit FleissBûcher von Wullen rein und zart
Doch s far h und auf VFellisch ArtBarget, Buffet und WomasiriAus Flachs die reinsten BùcheleinUnd andere subtile SachenJFelches ailes die Burger selber machen.