175
Ainsi , d’après la valeur en argent, était :
18 37 / 39 l’importation en plusl’exportation en plus
1,437,340
17,237,710
écus
«
d’empire,
«
Par conséquent profit par exportation en plus
15,800,370
écus
d’empire
et 18 4 % 2 importation en plus
2,846,848
écus
d’empire,
exportation en plus
15,598,110
«
«
Par conséquent profit par exportation en plus . 12,751,262 écus d’empire.
Il y a donc une perte de plus de 3 millions d’écus d’empire , ou à peu près 20 pCt., en com-paraison des années 1837 à 1839.
Par conséquent les droits protecteurs de 37 fl. 30 cr. par quintal pour les tissus de lin quiexistent dans l’Association douanière, n’ont pu y préserver non plus cette industrie des pas rétro-grades qu’elle fait à vue d’œil.
En Suisse l’industrie linière était anciennement bien plus considérable qu’elle ne l’est au-jourd’hui.
Déjà dans le treizième siècle St.-Gall se distinguait particulièrement par ses manufactures detoile ; de là cette industrie a passé dans le canton d’Appenzell, qui ne tarda pas à rivaliser avecSt.-Gall. (*)
Peu à peu l’industrie linière a été supplantée par les manufactures de coton et notamment dansles contrées où elle avait été le plus florissante , comme dans les cantons de St.-Gall et d’Appen-zell. Il est vrai qu’on fabrique encore aujourd’hui beaucoup de fil de lin et de chanvre en Suisseet qu’on en fait de la toile ; mais l’industrie linière n'est pas exploitée, dans la plupart des cantons,en grand dans les fabriques ; au contraire, le plus souvent on n’y tisse de la toile que pour lesbesoins intérieurs.
Cette consommation est assurément très forte , puisque dans plusieurs cantons le costume dupays exige en partie de la toile, en qu’en partie les mœurs nationales veulent qu’un ménage bientenu soit suffisamment pourvu de toile pour chemises, literie, etc.
On ne fabrique encore de la toile pour le commerce d’exportation que dans les cantons deBerne, d’Argovie et de Lucerne, ainsi que dans le canton de St.-Gall, toutefois en petite quantitéseulement. Il n’y a encore que trois filatures mécaniques en Suisse. Mais comme elles livrent detrès beau fil et à bon marché , proportion gardée , il est hors de doute que la filature mécaniquedu lin supplantera peu à peu en Suisse la filature à la main.
L’importation de la matière brute (lin et chanvre) est très peu considérable aujourd’hui et, enmoyenne, elle s’élève approximativement à 13,000 quintaux pendant les cinq dernières années: cequi prouve que cette industrie n’est pas très active , car la production indigène ne suffit pas ; on
(*) Franscini , Nuova Statistica, p. 159 et Dr. Bowring.