LIVRE II. 176
CHAPITRE XII. — DE L’iNTERRÈGNE DE 1672.
1672
Berne, Lucerne,Fribourg et So-leure.
Les procura-tions qu’elle ex-pédie tendentà la prise enpossession etnon à la de-mander.
Les procureursde Mad. de Ne-mours partentpour Neuchâtel.
Procuration deMad. de Lon-gueville à M.Fontenay pourdemander lamise en posses-sion etc.
Coutume deNeuchâtel porteque la mise enpossession doitse demandersur IC" jour desla mort du dé-funt, s’il s’agitde la souverai-neté.
Le procureurde Mad. de Lon-gueville se pré-sente aux Etats.
Soleure, alliés des comtes de Neuchâtel, pour tâcher de se les rendrefavorables elle leur parle comme si elle avait déjà été souveraineet demande à ces cantons l’observation de leur alliance en se qua-lifiant de leur très affectionnée servante et alliée.
Enfin cette princesse passa deux procurations, toutes deux datéesdu 7 juillet, Tune à M. de Mollondin, laquelle était légalisée parJean le Camus, conseiller du roi en tous ses conseils, maître desrequêtes, etc., par lui signée et scellée de son sceau ; et l’autre àM. de la Martinière, datée du 8 du dit mois, aussi légalisée et signéepar le même, et cela, est-il dit, „ aux fins de se transporter aux„ souverainetés de Neufchâlel et Vallengin, et là pour et en son„ nom prendre possession des dites souverainetés, en requérir et„ prendre l’investiture, si besoin était, observer les formes en tel„ cas requises et accoutumées, et en tirer tous actes nécessai-„ res, etc.“
Les dits sieurs de Mollondin et de la Martinière partirent ensuitepour Neuchâtel, afin d’employer le peu de temps qu’il leur restaitjusqu’à l’époque de l’assemblée des Etats, qui devait avoir lieu au13/23 juillet, à se procurer des amis.
Madame de Longueville passa aussi une procuration pour le mêmesujet à „ Messire Claude de Nocey, chevalier et seigneur de Fon-„ tenay, auquel elle donne pouvoir, au nom de M. l’abbé d’Orléans,„ son fils, de demander la mise en possession et invesliture des„ comtés souveraines de Neufchâtel et Vallengin, leurs appartenances,„ dépendances et annexes, requérir tous actes nécessaires et faire„ au surplus ce que le dit procureur trouvera à propos à ce sujet„ et généralement comme pourrait faire S. A. S. si en propre per-„ sonne y était, encore que le cas requît mandement plus spécial :„ promettant d’avoir le tout pour agréable, s’obligeant, etc. Fait etr passé à Paris dans l’hôtel de Longueville le 6 juillet 1672. Signé„ Anne-Geneviève de Bourbon. Et plus bas Pariot et Routier. u
La coutume de Neuchâtel porte que tous les prétendants à unesuccession, soit qu’elle échée par testament ou ab intestat , d’uncollatéral à un autre, en doivent demander la mise en possession etinvestiture sur le jour des six semaines, à compter dès le jour del’ensevelissement du défunt dont l’héritage est échu ; mais s’il s’agitde la succession à la souveraineté, on compte les six semainesdepuis la mort du prince, et quand ce jour tombe sur un dimanche,la mise en possession et investiture se demande le samedi précé-dent. C’est pourquoi le comte de St-Pol ayant été tué le 2 juinpar un dimanche, le jour fatal des six semaines tomba sur le13/23 juillet.
Les Trois-Etats ayant donc été convoqués sur ce jour-là, M. deFontenay, assisté de M. Jean-Fréderic Brun, seigneur d’Oleyres,