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Ils traversaient monts et vaux.
Une fière et grande armée,
Et l’on entendait le bruit de leurs armes.
Des renforts arrivèrent de l’intérieur du pays. Quatorzemille Confédérés campaient devant Waldshut. Les Bernoisétaient commandés par Pierre de Wabern, Nicolas de Dies-bach, Nicolas et Gaspard de Scharnachthal. L’artillerie, bienmontée, était sous les ordres de Jean de Tillier. La situationde la place était devenue intenable, les Bernois allaient donnerle dernier assaut, quand les autres Confédérés déclarèrentqu’il valait mieux négocier. En vain les Bernois firent-ilsentendre qu’ils ne songeaient pas à gagner de l’argent, maisà conquérir ; on persista à vendre sa victoire à vil prix.Berne eut néanmoins une consolation : le duc Sigismond neput payer et dut mettre en gage Waldshut, ainsi que laForêt noire (20 Août 1468).
La paix de Waldshut ne dura guère. Le duc regrettaitles pertes éprouvées, toute la noblesse de la Haute-Alle-magne était plus belliqueuse que jamais. Sigismond s’adressaà Louis XI, qui entendait ne pas s’aliéner la confiance desSuisses, et à Charles de Bourgogne auquel il dut offrir engage, pour en avoir de l’argent, Ferrette, l’Alsace et leSundgau. Cet accroissement de la puissance bourguignonneeffraya les Bernois, qui n’en eurent que plus de sympathiepour le roi Louis XI ; Nicolas et Guillaume de Diesbachfurent chargés de lui apporter l’expression de la reconnais-sance de Berne. Les liens entre Berne et Louis se ressérè-rent au fur et à mesure que l’Autriche se rapprocha de laBourgogne.
La question bourguignonne était ouverte ; c’était à laConfédération qu’il appartenait de donner un avis décisif.Mais on était divisé à Berne, qui, en l’occurrence, marchait
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