109
tout. La coupe d’amertume déborda, grâce à l’insolence desFrançais et au traitement honteux infligé par eux à desenvoyés suisses. On résolut, en Avril 1512, de faire la guerre• au roi de France en Italie, où pénétrèrent 24,000 Confédérés.
Ces troupes étaient placées sous le commandement enchef du baron de Hohensax ; Bourkard d’Erlach conduisaitles Bernois. Les Vénitiens vinrent se joindre à l’armée. LesSuisses marchèrent sans répit sur Milan, excités par le car-dinal Scliinner. Les Français, renvoyés dans leurs foyers oudispersés sur la péninsule, n’étaient plus en nombre. JeanEffinger et Schinner entrèrent à Crémone à la tête de 1000Confédérés. Pavie fut prise d’assaut. Une émeute contre lesFrançais éclata à Milan. En peu de temps, tout le duchéfut aux mains des Suisses. A la même époque, les troupesrestées au pays occupèrent Neuchâtel qui appartenait à unprince français, Louis d’Orléans-Longueville. Les Confédérésrepassèrent les Alpes après cette expédition triomphante,laissant à Milan une garnison sous les ordres de Nâgeli. Lepape avait célébré en eux « les défenseurs de la liberté del’Eglise » et leur avait donné de magnifiques bannières. Celledestinée à la ville de Berne avait, sur un fond damassé,deux images brodées, qui ont été conservées et qui représen-taient l’adoration du Christ par les Mages ; Bourkard d'Er-lach la portait lorsqu’il revint à Berne avec ses troupes.
A la fin de l’année, les Suisses rendirent le duché àj Maximilien Sforza, fils de Ludovic, qui leur versa une grossej indemnité et renonça en leur faveur à tous ses droits sur
| Locarno, Lugano et Domo d’Ossola. Lors de la rentrée so-
lennelle de Maximilien à Milan, le digne avoyer Jacques deWattenwyl représentait Berne en qualité de délégué. Lejeune duc ne régna pas longtemps. Il ne savait pas se fairedes amis ; les partisans de la France s’agitèrent, les Fran-çais eux-mêmes se préparèrent à reprendre l’offensive. A leur