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là à jouer le premier rôle, qui fut dévolu à Zurich. Enoutre, elle n’avait pas prévu la puissance qu’acquerraientdeux de ses voisins, la France et l’Empereur qui tenaitl’Espagne et une partie de l’Italie.
Le gouvernement prit une autorité de plus en plus con-sidérable. L’assemblée générale des bourgeois n’avait pres-que plus voix au chapitre. Le Grand Conseil comptaitsouvent bien au-delà de deux cents membres. L’usage s’étaitintroduit de confirmer les avoyers dans leurs fonctions. Onn’avait pas encore pourvu, d’une manière définitive àl’administration des baillages où l’on cherchait des placesavantageuses. Trésoriers et bannerets proposaient les baillis,qui étaient élus par le Grand Conseil.
Le nombre des baillages s’était notablement accru. Onavait acheté Landshut (1514) et Signau (1530) aux Dies-bach, Biberstein (1535) à l’Ordre teutonique, Gessenay (1555)au comte de Gruyère. On avait créé, après la Réformation,les baillages suivants provenant de la sécularisation desbiens du clergé : Buchsee, Fraubrunnen, Thorberg, Inter-laken, Frienisberg, Gottstatt, St-Jean, Zofingue et Kônigs-felden. Dans le Pays de Yaud, ceux d’Avenches, de Payerne,Oron, Romainmotier, Bonmont, Nyon et Morges s’étaientajoutés à ceux de Moudon, Yverdon, Lausanne et Yevey.Des négociations eurent lieu avec l’évêque de Bâle en vued’échanger des droits qu’on avait dans le Jura contreBienne.
Une société, — Y Aeusserer Stand ou Y Aeusseres Régi-ment — formée sur le modèle du gouvernement, servaitd’école de carrière aux jeunes diplomates bernois. Elleorganisait tous les ans un cortège, qui était l’occasion degrandes réjouissances.
L’aspect extérieur de la ville changea profondément.La Réformation avait vidé les maisons religieuses. L’hôpital