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de la diète le partage des baillages qu’elle possédait encommun avec Berne. Les Bernois étaient occupés ailleursà combattre pour leurs coreligionnaires.
Depuis les campagnes italiennes, deux partis, séparéspar une haine mortelle, luttaient l’un contre l’autre dansle pays des trois Ligues, — ou dans les Grisons, pour luidonner son nom moderne. Les uns, ayant à leur tête lanoble famille des Salis, inclinaient vers la France et Venise;les réformés se joignirent à eux,. Les autres, dirigés parles Planta, étaient dévoués à l’Espagne et à l’Eglise ca-tholique.
La contrée était d’une certaine importance pour les Es-pagnols, dont elle reliait les possessions italiennes avecl’Autriche ; les Français avaient à cœur de ne pas per-mettre cette jonction. Dans les deux camps, on était toutentier à ses rancunes , l’un cherchant la ruine de l’autre.B arriva que le parti français, excité par le pasteur GeorgesJenatsch, fit rendre des sentances très dures, par lesassises (Strafgericht) de Thusis et Davos, contre le partiespagnol et, en particulier, contre les Planta. Ceux-ci netardèrent pas à se venger, et cruellement. Jacques Robus-telli, un parent des Planta, envahit la Valteline, le 18Juillet 1620, avec des bandes de soudards espagnols, poury égorger tous les réformés. Le massacre dura quatorzejours ; six cents personnes, hommes, femmes et enfants,furent assassinés à Tirano, Teglio, Sondrio et Brusio. Pourcomble de malheur, les Autrichiens pénétrèrent dans lavallée de Munster afin d’opérer la jonction désirée avec lesEspagnols.
Lorsque la terrible nouvelle fut annoncée aux cantonsprotestants, ils se rassemblèrent -à Aarau et résolurent sansdélai de porter secours à leurs coreligionnaires. Berne re-cruta 2100 soldats, commandés par le colonel Nicolas de