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Le duc Bernard de Saxe-Weimar, dont nous venons deparler, avait remporté de beaux succès militaires dans leNord de la Suisse. Il avait eu l’intention de se créer uneprincipauté en Alsace, mais il passa ensuite avec toutes sestroupes au service de la France. Il avait, à cette époque,auprès de lui son fidèle ami et conseiller, le général Jean-Louis d’Erlach de Castelen. Berne ne s’était séparée quecontre son gré de l’excellent capitaine, en le relevant en touthonneur de ses fonctions de colonel et de lieutenant-général.Le duc Bernard avait pris l’importante place de Brisachet envahi la Franche-Comté ; mais le vaillant guerrier mourutdéjà en 1639, à l’âge de trente-cinq ans, succombant auxfatigues excessives qu’il s’était imposées. Ses généraux, seconformant à ce qui avait été convenu, cédèrent à la Francece qu’il avait conquis.
Dès le début de la grande lutte qui désolait l’Europe,Berne avait entrepris une œuvre que le danger et les pro-grès de l’art de la guerre avaient rendue urgente. Il y avaitprès de trois siècles que le mur d’enceinte de la ville étaitterminé. Murs et créneaux ne suffisaient plus pour tenir têteà la grosse artillerie; il fallait des remparts et des bastionsoffrant plus de résistance.
Deux Français, Agrippa d’Aubigné et le comte de laSuze, se trouvaient à Berne peu de temps après la cam-pagne de la Valteline. On les chargea d’exécuter concur-remment avec l’ingénieur vaudois, François de Treytorrens,les travaux nécessaires, qui commencèrent en 1622 ; il n’endemeure plus aujourd’hui que d’assez pauvres débris. Lesfortifications étaient prévues tout autour de la ville, depuisla Waldeck jusqu’à la forêt de Bremgarten ; on n’éleva ce-pendant que les remparts aux environs de la tour de St-Chri-stophe. Les « grands remparts » se composaient d’un rem-part élevé pour l’artillerie ; puis, en avant, d’un rempart