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de choses établi et le christianisme, dans les écrits d’unRousseau et d’un Voltaire. Mais ce fut un excès de rigueurqui fit chasser Rousseau de l’Ile de St-Pierre (1765) où ilvivait heureux et tranquille ; et l’on n’excuse pas davantagela défense qui tint les Bernois éloignés de la réunion de laSociété helvétique à Schinznach, dont on redoutait la mau-vaise influence.
Dans l’aspect extérieur de la ville, bien des chosesavaient changé ; de grandes constructions s’étaient élevées,la Halle aux blés (1711 à 1716), l’Hôpital de l’Ile (1724), .l’Hôpital des Bourgeois (1741), l’Hôtel de musique (1768)qui est aujourd’hui notre théâtre, la Maison des orphelins(1782 à 1786); les maisons de quelques particuliers rivali-sèrent avec ces beaux bâtiments publics. L’avoyer Jean-Samuel Frisching de Rumlingen se fit construire une richedemeure à l’extrémité supérieure de la rue des gentils-hommes (actuellement la maison Wattenwyl de Rumlingen,
No. 59) ; mais la plus belle de ces constructions fut l’Erlacher-hof, édifié en 1752 par l’avoyer Albert-Frédéric d’ErlaclnLes routes de l’Aargauerstalden et du Muristalden datent,aussi du milieu du siècle.
En 1752, des jeux guerriers, dont on garda longtempsle souvenir, furent représentés sur le Kirchenfeld ; maisc’est Y Æusserer Stand qui savait organiser les réjouissancesles plus vantées, bien qu’il se fût lancé en 1728 dansde grosses dépenses en construisant son hôtel de la Ruede l’Arsenal (faussement nommé aujourd’hui Standesrathhaus ).Les fêtes commémoratives de la fondation de Berne, en 1791,avaient éveillé les plus joyeuses espérances : tout était prêt,le cortège qui devait célébrer le passé était préparé, quandsurvinrent des événements qui firent songer à toute autrechose.