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Histoire de Berne 1191 à 1891 : écrite en commémoration du sept centième anniversaire de la fondation de la ville de Berne / par W. Frédéric de Mulinen ; [traduit de l'allemand par Virgile Rossel]
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les héroïques victimes. Mais ce malheur ne touchait pasdaussi près la Diète, qui fit tout pour conserver la paix.Berne et Zurich montrèrent encore quelles étaient, lors-que Genève fut menacée par les Français ; 16Ü0 hommesaccoururent et ne se retirèrent que sur la promesse faitepar la France de respecter lindépendance de Genève.

Les années suivantes, les armées françaises rempor-tèrent de grands succès au Nord et au Sud des Alpes. Ce-lui des généraux français qui surpassait tous les autres entalent et en gloire Napoléon Bonaparte reconnutlimportance stratégique de la Suisse et résolut den pro-fiter ; le bruit très répandu que les Etats confédérés, Berneentre autres, possédaient dimmenses trésors, ne devait paslaisser de le tenter encore.

Le coup dEtat du 18 Fructidor (4 Septembre) 1797,qui brisa le parti de la réaction à Paris, eut une influencedécisive. Une semaine après, César-Frédéric de la Harpeadressa au gouvernement français son mémoire antipatrio-tique, il le sommait dintervenir en Suisse et lui indi-quait les voies et moyens pour séparer le Pays de Vaudde Berne. Un agent français, Joseph Mengaud, arriva bientôtqui eût cherché en vain son pareil pour linsolence, la ruseet lignoble conduites. Lui, qui avait été préservé autrefoisde la misère à Nidau, soublia au point de se faire linstru-ment de la politique cauteleuse des Français. Il exigea quelambassadeur anglais quittât la Suisse. Le lieutenant-colonelAntoine-Louis Tillier et le major Abraham-Frédéric Mutachse rendirent- en hâte à Paris pour éclaircir la situation.Le Directoire ne les reçut pas et réclama ensuite lexpul-sion des émigrés réfugiés en Suisse. Les prétentions fran-çaises augmentaient sans cesse. Il sagissait de savoir silon céderait et shumilierait pour assurer le maintien de lapaix, ou sil était préférable de prendre les armes.