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les héroïques victimes. Mais ce malheur ne touchait pasd’aussi près la Diète, qui fit tout pour conserver la paix.Berne et Zurich montrèrent encore qu’elles étaient là, lors-que Genève fut menacée par les Français ; 16Ü0 hommesaccoururent et ne se retirèrent que sur la promesse faitepar la France de respecter l’indépendance de Genève.
Les années suivantes, les armées françaises rempor-tèrent de grands succès au Nord et au Sud des Alpes. Ce-lui des généraux français qui surpassait tous les autres entalent et en gloire — Napoléon Bonaparte — reconnutl’importance stratégique de la Suisse et résolut d’en pro-fiter ; le bruit très répandu que les Etats confédérés, Berneentre autres, possédaient d’immenses trésors, ne devait paslaisser de le tenter encore.
Le coup d’Etat du 18 Fructidor (4 Septembre) 1797,qui brisa le parti de la réaction à Paris, eut une influencedécisive. Une semaine après, César-Frédéric de la Harpeadressa au gouvernement français son mémoire antipatrio-tique, où il le sommait d’intervenir en Suisse et lui indi-quait les voies et moyens pour séparer le Pays de Vaudde Berne. Un agent français, Joseph Mengaud, arriva bientôtqui eût cherché en vain son pareil pour l’insolence, la ruseet l’ignoble conduites. Lui, qui avait été préservé autrefoisde la misère à Nidau, s’oublia au point de se faire l’instru-ment de la politique cauteleuse des Français. Il exigea quel’ambassadeur anglais quittât la Suisse. Le lieutenant-colonelAntoine-Louis Tillier et le major Abraham-Frédéric Mutachse rendirent- en hâte à Paris pour éclaircir la situation.Le Directoire ne les reçut pas et réclama ensuite l’expul-sion des émigrés réfugiés en Suisse. Les prétentions fran-çaises augmentaient sans cesse. Il s’agissait de savoir sil’on céderait et s’humilierait pour assurer le maintien de lapaix, ou s’il était préférable de prendre les armes.