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sédés de la vieille Berne qui se trouvaient dans la salled’où le puissant Etat avait été gouverné pendant des siècles.Les conseillers se levèrent tous. Profondément triste, sansprononcer une parole, l’avoyer se retira.
Ces nouvelles décisions, prises sur l’initiative du parti dela paix, étaient un pur leurre et ne servirent à rien. Bruneannonça qu’il assisterait avec quelques troupes à l’installa-tion du nouveau gouvernement, dont le Président étaitCharles-Albert Frisching. Tout en s’opposant à ce dessein,on n’en continua pas moins à négocier avec Brune, détrui-sant ainsi la confiance des troupes bernoises, et on persé-vérait à traiter quand la lutte avait déjà commencé.
Après la chute de Fribourg, l’aile gauche des Bernoiss’était repliée sur la ligne d’Aarberg, Grümminen, Laupen.L’occupation de Soleure avait, d’autre part, obligé l’ailedroite à se diviser. La situation du général d’Erlach deve-nait toujours plus désespérée. Il recevait de Berne les ins-tructions les plus malheureuses ; ses soldats se croyaienttrahis et le changement de gouvernement ébranla davantageencore leur courage. Les proclamations de Brune, qui exci-tait les Bernois à secouer le joug de la tyrannie, con-sommèrent l’œuvre de dissolution. Il y avait là quelquestroupes de la Suisse primitive ; mais on ne pouvait guèrecompter sur elles; le 4 Mars, on les rappela prétendantque Berne était perdue quand même et que leur présenceau pays était nécessaire.
Les Français attaquèrent les Bernois près de Neuenegg,dans la nuit du 4 au 5 Mars. Ceux-ci furent battus et pour-suivis jusqu’à Wangen. Rodolphe de Graffenried, leur chef,revint en hâte sur ses pas pour se mettre à la tête de nou-velles troupes rassemblées au son du tocsin. Son adjudant-général Jean Weber de Brüttelen, Louis (xatschet, Théophile