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Bonapartes, des Général-en-chef der italienischen Armee, Reise von Mailand nach Rastadt durch die Schweiz und die bernischen Lande im November 1797 / von B. von Mülinen-Gurowsky
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repenti ensuite et a lavé la tête au voiturier de Genève qui luien avait fourni, mais trop tard. 11 a traversé Coppet ventre àterre, et a fait semblant de dormir apparemment pour ne pas voirMonsieur Necker. En revanche il sest arrêté un moment à Nyonpour voir une Demoiselle Agier de Genève ancienne connaissancede Lyon qui lui a tenu de fort bons propos. A Rolle il ne sestarrêté que pour changer de chevaux et a reçu le complimentdu balif de Morges. 11 na point reçu celui du balif de Nyonparcequ'il- lattendait à Coppet. Il a traversé Morges sans sar-rêter. Rolle avait été illuminé, on y tira force boites. La fouleétait prodigieuse ainsi que les cris:vive Bonaparte! AMorges ni illumination, ni cris. A Lausanne le grand chemin aude de Montbenon, la promenade de Montbenon et les rues, il devait passer, étaient si remplies de foule quil fut obligédaller au pas. Avant dentrer en ville, trois jeunes filles, vê-tues lune en blanc, une autre de rouge, la troisième en bleu,filles d'un Menusier et de deux libraires reconnues toutes troistrès mauvais sujets, lui présentèrent un bouquet et de mauvaisvers; il accepta lun et lautre sans dire grand chose. La villeétait illuminée à lexées par ordre du balif et on cassait desvitres à ceux qui nilluminaient pas assez promptement. Quelquesmarchands de la rue du bourg avaient arrangé des transparents,sur lesquels on lisait en gros caractère:Au libérateur de l'Italie!

' Le tapage était terrible, une compagnie de grenadiers étaitsur la place St. François, une autre devant le lion dor; ilsarrêta pour changer des cheveaux. Le balif vient lui faireun compliment, que ni lui, ni personne ne comprit, et lui pré-senta des lettres qui étaient arrivées pour lui de Paris; il nerépondit presque rien au balif et lut ses lettres. On lui en jettadans la voiture, il les ouvrit, lut, déchira et les rejetta dehors.A Moudon le fameux balif lattendait depuis huit jours à lau-berge. Il se mit à la droite du carrosse Bonaparte était assispour le haranguer, mais la glace étant levée, il ne la baissapoint, parla au contraire sur la gauche à des dragons et partitsans avoir parlé au balif qui rentra furieux à lauberge. A Mou-don point dillumination.