Partie Occidentale de la MER MED IÍERR AN FË , XI F. Carié. 33
Ville, celle.d’Hiéres , & les Isles du même nom marquées pâr des chiffres , dont les noms font à la Table de renvoiqui est au bas de la Carte : ces Isles n’ont rien pour nous de considérable. En continuant la Route le long des Côtes,& ayant doublé le Cap Larde , on entre dans le Golfe de Grimant , où l’on trouve Saint Tropez , qui est tine petite Villefortifiée , qui a un Port à une lieúë du Bourg de Grimaut , à deux lieues de Frejus.
Frejus est une Ville ancienne , où l’on voir encore un Amphithéâtre presque entier , un Aqueduc de dix lieues delongueur qui y conduit des Eaux de la Rivière de Ciagne , Ôc plusieurs autres marques de son Antiquité ; elle a un Eve.ché , ôc un petit Port afisez commode , elle est située sur la Rivière d’Argens à une lieue de son embouchure , & à septd’Antibes qui est une Ville fortifiée & Frontière de Savoye avec un assez bon Port.
Le Comté de Nice dépendoit autrefois de la Provence , mais les Rois de France Pont cédé âux Ducs,de Savoye, demême que fa Ville Capitale du même nom - P Air y est si doux qu'on n'y voit presque jamais ni Neige ni Glace,ausii les Orangers ôc les Citronniers y croissent en pleine terre. Elle est le Siège du Gouverneur, Ôc du Sénat de la Pro-vince , elle a un Evêché , une Citadelle très-forte , & un Port qui ne peut recevoir que de petits Bâtimens ; mais sesHabitans qui font quelque Commerce , se servent du Port de Villefranche qui n'est qu’à un mille de Nice.
Villefranche a une bonne Citadelle * Sc un beau Port où l'on tient leS Galères dU Duc de Savoye. Ce Port est défen-du par le Fort nommé Mont Alban , ôc par celui de Saint Ospicio , ou Saint Sospirio. C’est de Villefranche que l’ontransporte les Toilles ôc les Cordages que les Piémontois font de leur Lin ôc de leur Chanvre. On en tireaustì quelquesVins de liqueur ôc des Fruits.
L’italie , dont les Côtes commencent à Monaco, est une des grandes Régions de l’Europe. On lui donne cent qua-rante lieues de longueur , depuis les Confins de la Savoye , juíqu’à l’extrêmiré du Royaume de Naples ; mais fa lar-geur est assez inégale : c’est une Presqu’Isle bornée aú Couchant ou Ponent, ôc en partie au Nord , par les hautes Mon-tagnes des Alpes - ôc baignée ailleurs par la Mer Méditerranée. Elle est la plus célébré Région de PEurope , ayant étéautrefois le Siège de P Empire Romain , Ôc Pétant aujourd’hui de l’Empire Ecclésiastique du Pape. Elle est aussi la plusbelle , ce qui lui a aquis le Titre de Jardin de VEurope. L’Air y est tempéré , & fort sain , à la réserve del’Etat Ecclé-siastique où il est fort grossier. Le Terroir y est fort fertile , il produit abondamment du Bled , du Ris , dû Vin , del’Huile , des Oranges , des Citrons, des Grenades ; toutes sortes de Fruits ôc de Fleurs, du Miel, de la Soye, Scmême du Cotton Sc du Sucre dans le Royaume de Naples. Ses Forêts fournissent toute sorte de Gibier , ôc ses Monta-gnes de beaux Pâturages où Pon nourrit quantité de Bestiaux. On y trouve encore des Mines de Soûphre , de Fer , Scmême d’Or Sc d’Argent, ôc plusieurs Carrières d'Albâtre, de Jaspe , Sc de toutes les espèces de Marbre. L’Italie estfort montagneuse ; outre les Montagnes qui l’environnent vers le Couchant , Sc en particulier vers le Nord , elle a l’A-pennin qui la traverse du Couchant, au Levant, le iVlont Vesuve qui vomit des flammes » le Mont Gorgan, ôcc. Elle aplusieurs Rivières dont les principales font le Po , le Tibre, l’Adige, ôcc. toutes sujettes à des Débordemens dangereux.11 y a aussi dans l’italie plusieurs grands Lacs , le Lac Majeur y Sc ceux de Lugano , de Como , d’Iseo. de Gar-da y de Perugia , de Bolsena , de Bracciano * de Celano , Sc c. Comme Pltalte représente assez bien la forme d’uneBotte, cela a donné lieu à la diviser en trois Parties générales, i. Laretroussure de la Botte qui renferme toute Pancien-ne Lombardie. t. Le haut de la Jambe où sont leS Etats de PEglise » Sc de Toscane. 3 . Le bas de la Botte & le Pied quifont le Royaume de Naples. On y met ordinairement une 4 . Partie qui comprend les Ifles d’Itaiie , dont la Sicile , laSardaigne , la Corse , Ôc les Ifles dé Lippari sont les principales. Ces Contrées renferment un grand nombre d’EtatsSouverains qui sont possédez par différens Princes , dont les plus considérables sont P Empereur , le Pape , la Républi-que de Venise - le Duc de Savoye ou Roi de Sicile » la République de Genes , le Grand Duc de Toscane de la Maisonde Medicis , le Duc de Mantoue de la Maison de Gonfague , le Duc de Modéne de la Maison d’Est , le Duc de Parmede la Maison de Farnese , l’Evêque de Trente ; la République de LúqueS, les Cantòns Suisses , ôc les Grisons. Lesautres Princes Souverains d’Italie sont appeliez petits, à cause du peu d’étenduë de leur Domaine , Ôc non pas à cause deleur ped de Souveraineté qu’ils ont aussi grande que la plupart de ceux que je viens de nommer z car ils battent Monnoyed’Or Sc d’Argent, font des Loix , créent leurs Officiers , Sc ont Droit de Vie Sc de Mort fur leurs Sujets. De cette sor-te sont íes Ducs de Guastalle . le Prince de Monaco , Sc plusieurs autres ; il faut cependant remarquer qu’en Italie laqualité de Duc est plus considérable que celle de Prince , si ce n’est dans le Royaume de Naples . où néanmoins lesPrin-cipautez ne sont pas Souveraines ; car PEmpereur , ou les Rois d’Espagne , les ont créez le plus souvent pour satisfaireà l’ambition des Barons du Pais , Sc pour les rendre plus attachez à la Maison d’Autriche. Au reste , il n’y a point dePais en Europe où l’on soit si avide Ae grands Titres qu’en Italie : tout y est plein de Principautez , de Duchez , deComtez , de Marquisats , ôte. Un petit Fief suffit pour aquerir ces illustres Titres , qui coûtent aussi peu à ceux quiles donnent * qu’ils valent à ceux qúi les reçoivent. Les Archcvêchez Sc les Evêchez y sont aussi fort entassez. On ytrouve plusieurs Universitez , dont les plus célébrés font celles de Salerne, de Naples, de Rome, de Ferrare, de Bou-logne , de Sienne , de Turin , de Padoue , de Venise , Ôte. Toute lTtalie a une Langue commune tirée du Latin , demême que la Françoise , ôc ['Espagnole , Sc elle est plus pure dans la Toscane qu’en aucun autre lieu. L’Ipquisition estétablie dans tous les Etats d’Italie pour garantir la Religion Catholique Romaine des attaques de la Protestante. II y apourtant quelques Vaudois Protestans dans le Piémont j Sc quelques Réformez Etrangers dans les Villes Maritimes oùl’on les souffre pour l’intérêt du Commerce, Les Juifs y ont des Synagogues jusques dans la Ville de Rome. On souf-fre aussi dans quelques Villes que les Grecs ôc les Arméniens y fassent l’Exercice de la Religion de leur Pais. Enfin,nous dirons encore qu’en Italie on y compte les heures autrement qu’on ne fait ailleurs. Ils commencent à compter lapremière heure à l’entrée de la nuit, ou après le Coucher du Soleil, & ils continuent à Compter jusqu’à vingt-quatre heu-res , il me semble que cette dernière Remarque étoit encore nécessaire ; mais les Curieux qui voudront savoir d’autresparticularisez de l’Italie , peuvent les chercher dans quantité d’autres Livres qui est ont traité fort amplement : nous re-prendrons cependant la fuite des Côtes qUe nòus avons quittées à Monaco.
Monaco n’est qu’Une petite Ville , mais forte par fa situation fur un Rocher escarpé , Sc battu des flots de la Mer , el-le est aussi défendue par Un superbe Château qui est au haut du Rocher ; elle a un fort bon Port, ôc Titre de Princi-pauté , qui n*a sous fa dépendance que Menton Sc Roccabruna , lieux peu considérables. A deux lieues de Monaco fur1a Côte vers le Levant , on trouve Ventimille qui est une petite Ville de l’Etat de Genes , qui a une Citadelle, un Port,Sc un Evêché. A trois lieues de Ventimille vers l’Orient > il y a la petite Ville de San Remo qui a un bon Port, Ôc unTerroir si fertile en Oranges , en Citrons , en Olives, ôc en d’autres Fruits, qu’on l’appelle 1 tTaradis d'Italie, Ensuitel’on passe devant Oneille Ville bien fortifiée ôc bien peuplée : il s’y fait un grand Commerce d’HuiIe » à caisse de fa si-tuation fur la Côte à l’embouchure de l’Impériale. La Principauté d’Oneilie est un petit Pais du Duc de Savoye . en-clavé dans l’Etat de Genes ,• il est fort fertile en Vins, en Huile , ôc en Fruits , ôc dépend du Comté de Nice.
Après avoir passé Oneille , on double íe Cap Delle-Melíe , puis l’on fait Voile vers Albmga , où il y a un bon Port,mais la Ville , quoi qu’assez belle , est mat peuplée à cause que l’Air y est mal sam. L’isle d’Albingâ est fort près decette Ville vers le Midi, on a pris la peine d’y bâtir une Tour * mais elle n’est d’auctín usage. En continuant la Routele long des Côtes vers le Levant. l’on rencontre Final qui est divisée en deux Parties , dont l’une qM est dans les terres,est environnée de bonnes Murailles , ôc défendue par un bon Château , éleve fur une Montagne , dont les avenues sontgardées par deux Forts $ Sc l’autre qu’on nomme la Marine de Final , n’est qu un Bourg situe fur la Cote , ôc défendupar deux Forts. Cette Ville est la Capitale, Ôc le seul Lieu considérable du Marquisat de Final qui n a que cinq ou sixlieues de long, ôc qui étoit autrefois une partie des Etats d’Espagne en Italie - mais ce Marquisat ayant ete rendu ou cé-dé à PEmpereur par la Paix d’Utrecht, ce Prince â vendu Final áux Génois qui en sont présentement les Maîtres.
Savonne est la seconde Ville de l’Etat de Genes à qui elle donna autrefois une si grande jalousie . que la Repubh-
aue en sic gâter íe Port, l’un des plus beaux de la Mer de Genes. . , . ,,
Genes est la Capitale de la République qui porte son nom, Cette Ville est fort ancienne, grande environ de deux