.-g La Nòuvelle Espagne , 8 c !e Perou , 8 cc. XXIII . Carte .
.'la plus proche des Mines. On y porte beaucoup d'Efclaves, & on en tire beaucoup ^Or. Le Perou propre est undes trois Gouvernemens , auxquels les Espagnols ont divise le Royaume du Perou. 11 est comme nousjavons deja dit aumilieu des deux aûtres » il renferme plusieurs Villes » dont les principales font Lima Capitale , Cuzco qui 1 étoit autre-fois , Truxillo, Arequipa , 6cc. . , x . , .
Truxillo est une Ville assez grande , avec un Evêché Suffragant de Lima , situee a la hauteur d environ huit Degrez<le Latitude Su 1 à deux lieues de la Côte » fur le bord d'une Rivière où il y a un Port difficile & dangereux. Toutecette Côte jusqu a Lima est fertile en Frorrfent 8c en Mayz . & abondante en Bétail : 11 y a auííi oe riches Salines , par-ticulièrement à Barranca, 6c encore entre le Port de Guaura 8c Arnedo. A quelques lieues dans les Terres on y a décou-verr Òe nouvelles Mines RAr^ent que l'on nomme le Nouveau Potôsi ; mais par delà les Montagnes , aux environs deCuzco , Sc de Saint Juan de l’Oro - il y en a d’Or 8c d* Argent en quantité ; il yen a aussi de Vermillon & de V if-Argent.
Lima* ou Citad de los Reyes , est la Ville Capitale du Perou > :8c le Siège du Viceroi. II y a une Audience . un Ar-chevêché . une Université . grand nombre de Çonvents & trois Collèges de Jésuites. Elle est située dans uneagréableVallée fur la Rivière de Lima à deux lieues de la Mer du Sud , ou elle a le Bourg de Callao de Lima , fortifie , Scdéfendu par un Château , & un très-bon Port. Cette Ville a été bâtie pár les Espagnols z les Rues en font droites 6clarees & les Maisons propres 6c magnifiques , mais n’ayant ordinairement qu’u n Etage. EUe est fort vaste , puisou’on v compte trente-six grands Quartiers , fans deux grands Faubourgs. . Elle possède des Richesses immenses en Or,çj-j Argent 8c en Pierreries. Ses Habitans font un grand Commerce avec la Nouvelle Espagne par la Mer du Sud j &avec PEfpaene de l'Europe , par la Ville 6c l’Isthme de Panama . 6c par ia Ville de Porto-Bà Outre cela il part tousles Ans du Port de Callao de Lima un Vaisseau de vingt pièces de Canon , chargé de Vif-Argent, de Cacao , & d’au-tres Marchandises pour plusieurs Millions ; qi?il porte á Accapulco danS la Nouvelle Espagne : il y arrive ordinaire-ment un peu avant Noël, qui est le tempS àuqúel le gros Vaisseau des Manille* y arrive chargé d’Epiceries ,/de Soyes,de Toilles . d’Etosses des Indes > & Rautres Marchandises de la Chuie 6c du Japon . dont le Vaisseau de Lima prend íàcharte pour retourner au Perou. Le Roi d’Eípagne entretient dans le Port de Callaù de Lima un Armadille de plusieursVaisseaux pour la scureté des Côtes 6c dù Commerce , <& dont les Vaisseaux vont 6c viennent pour charger les lreíorsdu Roi. La Côte voisine de Lima jusques à Arrisa est bonne . 6c le Pais fertile en Vivres , en Vins , en Huile ; 6c entoutes sortes de bons Fruits ; les Espagnols y íont par tout fort riches. Ils ont admis des Missionnaires François dansquelques Contrées voisines , 6c ils font à là sourdine ún grand Négoce ávec les Navires de France qui connoissent forebien la Côte 6c en tirent des Millions de dedans ie$ Terres dii Potosi 6e de Cuzcò , où il y a des Richesses infinies,dont on détourne toujours quelque chose vers là Mer . polir négocier avec les Etrangers. 1.1 y a beaucoup de Chevaux& de Bêtes à Cornes qui ne coûtent presque rien. Le Nascâ , Arequipa , 6c Arrica sont d’assez bonnes Colonies Eípa.gnôles , défendues par des Châteaux. Les Vaisseaux y peuvent aborder commodément. 6c y apporter toutes les Provi-sions nécessaires pour la Ville de Cuzco , 6c pour toute lá Province dos Charcas. On y apporte aussi beaucoup d'Af-gent des Mines de Potosi . 6c d’Or de celles de Cuzco ; & des autres Mine* nouvellemerit découvertes'. . . . _ ..
h Los Charcas est la troisième Audience dù Peroû . 6c lá deìrniére de ses Provinces en tiránt vers le Midi. Elle porte lenom des Peuples qui l’habitent 6c qui font Sujets des Espagnols. s Ses Lieux principaux font Pláta & Potosi dáns lesTerres La Piata a pris son nom . qui signifie de X Argent , de seS Mines d’Argent, âiixqìíelles on he travaillé, point;non plus qu’à celle de Porco , depuis qu’on a découvert celle de Poiòsi qùi est la plu! fameuse , non feulement de l’A-mérique , mais aussi de tout le Monde connu. On dit que , 1 a Mine dii Potosi quánd oh la découvrit en îf#. avoitíònMétail hors de Terre en façon de Rocher, oudW Crète de ttòis cens pieds de long , de douze oú quinze de large,& haute de dix ou douze. On donnera dans la Carié suivante la Description de lá Ville Se du Tráváil des Mines diiPotosi, en expliquant son Commerce avet BuenoS Ayres. AU reste , le Perou n'est pâs feulehicht fiche eh Minesd’Or 6c d’Argent, mais il fournit enèore abondamment la plupart desfchôses nécessaires pour la commodité ; & inêmSpour les délices de la Vie. On en peut vois le détail dans les différente! Relation! qui en ont été imprimées èri toutesles Langues Nous n’avohs presque sien dit des Côtes de la Pfovincc dé los Chatca! * párce qu’eíles font occupées parle grand Désert d’Atacama qui s’étend éntre les Mtítìiagnes de! Andes; 6c la Mer du Sud . depuis le Port d'Arricâ jus»qu | la Rivière de Copiâpo qùi sépare les Confins du Perou & dU Chili, & d’où on tire d'extellent BaUme.
M L a Vallée de Copiaco est si fertile eh Grains, qu’on dit qu’elle en produit trois cens pour Un ; elle est arròíée dù cô-té du Nord par une Rivière du même nom , laquelle a son embouchure dans la Mer dit Sud , aùprès d’iinè petite Villequi se nomme aussi Copayacò , ou Porto de Capayàco. Les Vallées de Guafco, de Coqitinbo & de Val-Parayfo font aussitrès fertiles elles ont comme la précédente Un Port. Sc une Ville dù même nom , mais la Ville de Toral de Sërenáest proprement la Capitale de ces Vallées. Célle de Val-Parayfo est le Port dé San Jago Capitale du Chili, dont
on donnera la Description dans la Carte suivante. . • , r , . : .... - r . • •
Les Barbares qui habitent les Provinces du Perou & celtes du Voisinage , font des hommes tout sauvages Sc peu dif-férens des Bêtes. Ils vont tout núds, Hommes 8c Femmes. 11 s n’ont point de demeute fixe ; point de Loix , nulleforme de Gouvernement. Ils font continuellement en Guerre ávec leurs Voisins, & mangent souvèrit leurs Prisonnier!:Ils n’habitent que de vastes Forêts , Sc Rapprochent guéres deá Habitations Espagnoles. Ost a envoyé dans tous ceivastes Pais quantité de jeunes Jésuites Missionnaires pour apprivoiser ces Peuples , les corìvertir, Sc ieur enseigner la Cul-ture des Terres 11 s font si Sauvages quà la première vue des Cavaliers d’Europe } ils pensent que l’Hóiii me , son Cha-peau , ses Habits , & le Cheval fur lequel il est monté ; n’est qu’un Animal composé de toilt éela : Sc la vue d’une na-ture si monstrueuse les tient dans une espèce de saisissement ; & les fend comme immobiles. Cependant on réussit peuà peu à les apprivoiser , 6c quand oh les a gagnez une fois , ils font 6c croient tout ce qû on veut. Les Espagnols oncfait accroire aux Peuples de leur dépendance * que les Aiiglòis Sc les Hollandois font des mangeurs d’Hommes qui ontcrucifié nôtre Seigneur. II! disaient là hiêmé Chose des François . avant la Révolution d’Eípagne j mais cela est fortchangé Les Jésuites François ónt eu perffiissidst du Rdi d’Espagne de Rétablir ail Peroû depuis le troisième jusques auquarantième Degré de Latitude Sud. où ceS Pères ont plusieurs Etablisscmcns considérables ; 6c ils ont obtenu un De-cret de Sa Majesté Catholique , qui défend à tous les Espagnols Rentrer dans les Missions Françoiíes , ni Ravoir aucunecommunication avec les Indiens qui les composent. Ces Missions étoíent déja composées en 1708. d’une vingtaine deBourgades , toutes distantes de quarante à cinquárite lieues de la Mer du Sud , 6c éloignées seulement de sept ou huiti.- D „^i 0 c rW . simépfi fsens les òliis riches Contrées du Perou 6c du Chili » où l’on travailloit à défricher les
Chaque Bour-
gnes pour prêchermun , 6c dont on a[
gent étant fort abondant cn uc e 14. xw* _ _ 1 — ~• ■ ** — —— a^wm.
ftiodées des Juges 6c des Magistrats , qui pourtant font fous la Diredion des Missionnaires , dont il y a toûjours deuxdans chaque Bourgade. On donnera un petit détail de la Régie des Missions de ces Pères , en commençant l’Explica-tion de la Carte du Brezil qui sera la vingt-cinquiéme.