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Etude médico-légale sur le secret médical / par L. Crevoisier
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Le tribunal de la Seine condamna le prévenu à une annéedemprisonnement, 500 fr. damende, 5 ans de surveillance et 1000 fr.de dommage-intérêts envers la partie civile. Pour justifier cette con-damnation le tribunal, loin de se fonder sur la révélation résultantde la citation et de laction intentée par Halbrand, vise au contraire,en les spécifiant, les circonstances qui impriment à cette révélationun caractère délictueux. Voici la partie importante de cette sentence:

« En ce qui touche le délit de divulgation de secret, attenduque les énonciations de lacte extrajudiciaire du 4 décembre 1863,singulièrement aggravées par les détails donnés dans une note dela propre main dHalbrand, et remise à lhuissier, constituent la ré-vélation de faits dune haute gravité, que ces faits seraient parvenusà la connaissance dHalbrand en sa qualité de médecin et danslexercice de sa profession; que le tribunal ne peut ni ne doit exa-miner si ces faits ont réellement existé; quil doit prendre pour basede sa décision la déclaration même de linculpé, qui, à laudience, apersisté à en affirmer lexistence; attendu que cette révélation a étéfaite dans une intention de nuire et dans une pensée de lucre, etafin dobtenir sans contestations les 300 fr. réclamés; attendu quilrésulte de ce que dessus quHalbrand sest rendu coupable du délitprévu et puni par lart. 378 du Code pénal combiné avec lart. 57du même Code, condamne... »

M. lavocat général Chaude, commentant ce jugement, sexprimeainsi : « Ce grand principe de lobligation du secret, qui fait lhon-neur de la profession du médecin, ne saurait cependant faire obstacleà de justes réclamations ; si, comme il narrive que trop souvent, leclient méconnaissant le service rendu, refuse une rémunération lé-gitime, le docteur a assurément le droit de porter sa demande de-vant les tribunaux; mais il doit se borner dans lassignation àindiquer la somme quil réclame pour soins donnés, sans entrer dansle détail des maladies soignées; sans doute, les honoraires allouésdevant être fixés daprès limportance de la maladie, il peut êtredans certains cas nécessaire déclairer les magistrats sur la nature,le cours, la durée des maladies, sur limportance et le nombre desopérations pratiquées ; le médecin peut alors confier ces détails àlavocat quil a choisi ; celui-ci est, comme lui, astreint au secret etil nest pas à craindre que les confidences qui lui sont faites soientdivulguées ; prévenus par lui, les magistrats sauront concilier les