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Etude médico-légale sur le secret médical / par L. Crevoisier
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« Attendu dailleurs que la dame Rémusat, voulant faire déposerle docteur Fournier, même, sur la maladie quelle reprochait au sieurRémusat, cette circonstance serait encoi'e exclusive de toute déposi-tion empreinte de révélation ;.

« Attendu enfin que la loi qui défend aux médecins et auxchirurgiens de révéler les secrets qui leur sont confiés ne faisantaucune espèce dexception, il est évident que dans toutes les hypo-thèses, ce qui ne parvient à la connaissance des médecins et chirur-giens que par cette voie, doit rester impénétrable ;

« Attendu qu!il résulte de ce qui précède quen refusant derévéler un secret dont il naurait été dépositaire que par état, quenrefusant de se livrer à un acte que sa conscience aurait réprouvéet qui, dailleurs, aurait pu compromettre les intérêts dun tiers quinaurait pas été étranger au secret, le docteur Fournier a donné lamesure de son respect pour la loi, la morale et lordre public, dé-clare que le docteur Fournier, en tant que dépositaire des secretsà lui confiés, est dispensé de déposer sur les faits articulés par ladame Rémusat. » (Sirey, Recueil général des Lois et Arrêts, 1845,II, p. 142).

Nous ne saurions abandonner ce sujet sans mentionner encore,à lappui de notre manière de voir, les opinions de deux auteurs,compétents à des points de vue différents.

Ricord sexprime ainsi: «Je refuse à peu près toujours de cer-tifier que M. X... est atteint daccidents syphilitiques. Si jai soignéle malade, je me contente de lui dire quil fasse de mes ordonnancestel usage quil croira bon. Lorsquun magistrat minterroge dansune enquête civile, je ne réponds que lorsque jy suis autorisé parlindividu qui ma consulté. Quand il sagit dun procès en sépara-tion de corps, je fais tous mes efforts pour que linstance sappuiesur un tout autre motif que sur la maladie vénérienne, dabord,parce que ce motif nest pas toujours admis et ensuite parce quilest à peu près impossible détablir auquel des époux doit être im-putée la priorité de linfection. »

Tardieu développe, dans son Etude sur les maladies communi-quées ou provoquées, les considérations suivantes : « Il existe des cassingulièrement difficiles et embarrassants, la bonne foi du mé-decin peut être surprise, sil ne sest pas fait par avance une règleabsolue de se refuser toujours à ces déclarations vagues, à ces cer-