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TABLE A*U DES RICHESSES
les réformes, les épargnes ôc les améliorations font destinées. Le sentiment pénible dela dette nationale affecte le cœur de Votre Majesté ; Lc si, malgré le vœu de soncœur bienfaisant, le trésor royal ne pouvoir pas tout concilier , tout applanir , il voussaudroit, SIRE, bien plus que de Téconomie pour réparer un mal ancien, qui tient àdes causes puissantes ; il vous saudroit une augmentation de revenus, qui ne portât nifur des emprunts, ni fur des opérations extraordinaires ; car Votre Majesté craintjusqu au nom de Timpôt, Sc la nature seule ne peut pas suffire pour faire face à la dettenationale. Quel est donc le moyen de mettre les charges de l'Etat en équilibre avec ses revenus?
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J’ai esquissé, SIRE, le Tableau consolant de nos jouissances actuelles : si ceTableau a des ombres qui vous affligent, daignez fixer vos regards fur la belle carrièreouverte à vos espérances. Cette confiance dans vos ressources, n est point une illusion.C’est par des combinaisons sages, Sc par de nouvelles ressources qu’il faut chercher àsubvenir à l'exactitude des payemens , Sc à 1*entretien de la confiance &: du créditpublic. La sagesse , Tordre , la bonne - foi les établissent Sc les maintiennent ; lesressources que Votre Majesté a-trouvées pendant la dernière guerre , prouventque, fous son règne, ces moyens subsistent dans toute leur vigueur.
CEs T le commerce qui procure les grandes ressources, qui préserve de ces emprunts,ou de ces tributs au-dessus des forces, que la nécessité commande, en déplorant lemoyen. C’est fans contredit, une grande, une magnifique possession, qu un fol infinimentriche, Sc des productions infiniment variées, qui présentent des jouissances multipliéesà Tinfini. Mais ces avantages ne font fructueux pour le peuple qui les possède, que parla liberté du commerce intérieur, Sc par T extension du commerce extérieur. Avec sonsol fortuné, la France seroit pauvre, dans fa position actuelle, si, au lieu de convertirson superflu en d’autres denrées facilement commerçables, elle concentroit dans sesatteliers , dans ses magasins , dans ses ports, tout ce qui excède fa consommation.Abondance de productions & non-valeur , n est pas richesse. La stagnation du commerce,le ralentissement du débit des productions nationales, en produiroient le malheur. Lavéritable créance du commerce que la France acquiert annuellement, est fondée furses rapports avec les Nations étrangères.
Chaque homme ne cultive fou domaine, ou ne façôrine les productions de lanature, que pour la plus grande utilité possible. Cette utilité dépend de 1 emploi fructueuxdes travaux. Les travaux deviennent fructueux par le commerce ou les échanges ; lecommerce n est avantageux que par la liberté qui en est 1 ame, Sc qui donne a 1 industrietout son ressort, toute son activité. Cette liberté paroît devoir être absolue dans Tintérieurdu Royaume, Sc relative dans le commerce extérieur avec TEtranger.
Plus il y a de culture , plus aussi il y a de subsistances Sc de productions. Ce superflu .
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