ces
46 TABLEAU DES RICHESSES
de ses échanges 3c de ses profits, fans nuire aux avantages des autres. C’est parmoyens légitimes, qu en excitant leurs désirs , elle les déterminera aux achats, parles meilleures qualités des choses vendues à, des prix moyens, 3c qu’elle établira unecompensation nécessaire entre les cultivateurs, les hommes industrieux, les fabricans, lesnégocians 3c les consommateurs.
Tels font les progrès de l'esprit de commerce, qu il fait taire aujourd’hui tous lespréjugés de nation 3c de religion, devant l’intérêt général qui doit lier tous les hommes.Les nations, SIRE, font intéressées à ce que l’abondance règne chez les nations avecqui elles commercent, parce que plus cette abondance est considérable , plus ellesreçoivent relativement à ce qu’elles exportent.
Mais si les nations s’enrichissent mutuellement par le commerce, 3c si le commerced’un Etat tire de grands avantages de la prospérité de ses voisins, la jalousie entre lesnations commerçantes est un des fléaux qui tarit les sources de leurs richesses.
Aucun peuple Européen ne peut dépérir que les autres ne se ressentent plus ou moinsde fa décadence. Les productions de l’industrie nationale font celles qui ont le plusexcité les jalousies des nations , parce que les travaux 3c l’industrie augmentent larichesse 3c la splendeur des villes par la population, qui se fixe toujours à la proximitédes subsistances 3c des matières premières. Ces jalousies puériles prouvent que les pallionsne raisonnent jamais conséquemment. C’est par la puissance du commerce nationalavec l’étranger, 3c par le résultat des échanges, que for - l’argent , les subsistances 3cles marchandises arrivent dans un Etat. Le commerce enrichit, en multipliant lesjouissances' 3c les productions qu’il faut exporter , pour attirer l’importation desconsommations. De ces deux accroissemens de richesses, lune est pour la Nation quireçoit des productions étrangères, l’autre pour letranger qui fait des échanges.
Il est donc de l’intérêt de l’Angleterre que la France tire de ses vins le plus grandproduit possible, afin d’approvisionner à meilleur marché les Ifles Européennes 3c lescolonies de vins, d’eau-de-vie 3c de vinaigre à meilleur marché. L’Angleterre prendintérêt à l'accroissement de la production des huiles de Provence , du sel, du fil, de lasoie, de la fabrication des toiles, des étoffes de foie 3c même des rubans de France .Celle-ci prend de même le plus grand intérêt à ce que l'Angleterre produise la plusgrande quantité possible de charbon de terre , de terres à foulon, de laines, de cuirs,d’étaim, de plomb , 3c d’autres denrées ou marchandises, dont la production ou lafabrication est propre au fol ou à Findustrie des pays de la dépendance Britannique',asin de les tirer en plus grande quantité , 3c à meilleur marché qu’il soit possible.Les Plollandois font intéressés à la production des vins, des eaux-de-vie, du vinaigre, dusel, des huiles, du sucre, du café , de l’indigo , des draperies, des merceries, des
\