<4 TABLEAU. DES RICHESSES
des abus qui les excite, le défaut de surveillance qui les multiplie, Sc Timpunité qui lesenracine. Voilà pourquoi, sans doute, on voit íì souvent des banqueroutiers disparoîtreavec un porte-feuille bien garni, aller à deux cents lieues de leur résidence , afin dedicter la loi à une maíse de créanciers, Sc revenir ensuite triomphants de leurs dépouilles,pour faire de nouvelles dupes, Sc préparer une seconde faillite qui les enrichira pourtoujours.
Voule£-vous rendre les banqueroutes infiniment plus rares ?' condamnez ledélinquant Sc ses conseils à une éternité de honte. La loi doit déclarer infâmes lebanqueroutier frauduleux Sc les coopérateurs des banqueroutes, parce que les friponsdoivent être séquestrés de la société dont ils troublent Tordre, Sc dont ils sont le scandale.S’il riy avoit point d’asile pour le banqueroutier , avant de franchir le pas, il réfléchiraitplus d’une fois fur les conséquences de la démarche qu il se propose de faire, Sc seraitarrêté sur le bord du précipice , par la honte d’un opprobre qui ne finira qu avec lui.
Il nous paraît équitable d’attribuer la connôiísance des délits de cette nature auxseuls Juges Consuls, bien mieux instruits que qui que ce soit - des choses relatives aucommerce. Négocians dans tous les genres , ils commissent tous les cas Sc jugentsainement. • •
À u s s i les Tribunaux Consulaires sont-ils dè T aveu de tout le monde, les chef-d’œuvresde la Justice Royale. Ce ne font pas les inftituts , le digefie ou les loix du bas-EmpireRomain qui y jugent les hommes du dix-huitième siècle ; ce font Tintégrité, les talens,les lumières , T expérience qui arbitrent sommairement, sans le concours d’avocats nide procureurs, fans frais Sc fans délais les difficultés du commerce, d’après les conventionssociales : c’est-là, où la loi naturelle Sc la raison sans préjugés, mccônnoissent les distancesd’individus à individus ; Thomme pauvre qui a des droits, ne pâlit jamais en entrantdans ce sanctuaire ; Thonnête citoyen qui implore la loi, Ty trouve toujours favorable;elle protège également le cultivateur qui retire le plus de fa-terre , T artiste Sc Tartisanqui façonnent le mieux les productions, le négociant qui fe distingue par fa bonne-foiSc son zèle, le marin qui procure de nouveaux débouchés, ou qui rapporte de nouvellesproductions à la patrie ; enfin, Thomme injuste est lè seul qui tremble en approchant deces Tribunaux , où Texercice gratuit de la justice ne ruine jamais ni ceux qui gagnent,ni ceux qui perdent.
Un Empereur de la Chine s’appercevant que Texploitation d’une mine de diamanséloignoit ses peuples de Tagriculture, la fit fermer. Quand agira-t-on de même pourla mine des procès qui ruinent Tagriculture, Tindustrie Sc le commerce ? Des institutions, formées fur le modèle des Tribunaux Consulaires, en diminueraient du moins lenombre, si elles n’en tarissoient pas la source.
Lorsqu’on