vj DISSERTATION SUR LE
des uns & la bigoterie des autres. Cela étoit trop íìmple ; oiil'alla bien-tôt servir dans les ' bois , & I on y bâtit des Cha-pelles. Le silence y inspiroit la dévotion. On lui consacra lesplus hauts arbres des forets : On paílà aux Collines. EnfinIon transporta le Culte Religieux fur les montagnes, & àmesure que l'on ebangeoit de place - on prit soin de laifiêrdes Dieux à l’endroit que l'on venoit de quitter. Dieu a re-proché cette Idolâtrie aux Juifs. Cependant on voit dans laBible , qu’avant la publication de la Loi, les Patriarches enavoient usé de même envers le vrai Dieu. Après tout il n’ya eu d’autre mal dans la maniéré de ce Culte que le transiport qu'on en a fait aux faufilés Divinités- La Dévotion de-mande le silence & le recueillement, que les forets & leschamps inspirent. Les Montagnes & les autres lieux élevésdonnent quelque idée de l'élévation de Dieu au desius denous: & c’est peut-être pour cela que selon Arrien on ado-roit (a) Jupiter sor les Montagnes de la Bithìnie , mais senslui consacrer de Temple, (à cause de l'immensité de Dieu,)non plus que les Sicyoniens à quelques-uns de leurs Dieux,Les Getes & les anciens Indiens ne leur en consecroientpoint non plus ; & pour les anciens Perses , on fait afisésque dans leur irruption en Grece ils détruisirent tous lesTemples qu’ils y trouvèrent, persoadés que Dieu étant in-fini il ne peut-être borné, ni renfermé dans un Temple.Les mêmes Perses ne representoient point l’Etre sopremepar des statues ; ils ne lui dreslbient point d’autel ; mais ils luilâcrifioient en des endroits élevés. 11 est certain que l’Idolatriede ce Peuple étoit beaucoup plus pure que celle des autresPaiens,& sor tout plus dégagée du fatras de la soperstitiondes fables des Grecs. Le savant Hide va bien plus loin. 11 pré-tend dans son Hift. de laRelig. des anciens Perses , qu’ils ontconservé pendant fort long-tems la véritable Religion. Les Ro-mains eux-mêmes , qui dans la soite multiplièrent si fortleurs Dieux, qu’ils en avoient pour toutes les nécessités de lavie : pour les maladies & pour la senté; pour la cuisine & pour leíoier ; pour la table & pour le lit, &c. sens parler de tant de petitsDieux qu’ils imaginerentpour présider à leurs mariages; (b) Les
Ro-
(<r) On adoroit auffi yupiter Cafius fur une montagne de ce nom entre la Syrie & PEgypte. Le mêmeJupiter étoit encore adore fur une Montagne de Moab nommée Pehor, & c’est delàqu’on l’apella Baal-pebor.
(b) Dans S. Augustin de la Cite' de Dieu L. 4. Ch. 31. On peut voir dans le même Ouvrage un détailassés étendu de ces petites Divinités Romaines, qui étoient destinées à présider à toutes les actions dela vie &même aux plus mechaniques.