XIX
CULTE RELIGIEUX
on s’acoutume insensiblement à regarder avec un re£pect qui tient de la superstition les choses destinées ades uíàges lacrés ; ce qui n’étoit qu’une figure devint chezeux l’eísenœ de la Religion ; ainsi que Jesus-Christ le re-proche aux Juifs. Aujourd’hui les mêmês ablutions se prati-quent avec un extreme foin par les Turcs & par tous lesMahométans; & l’on peut regarder aussi comme une ablu-tion (a) le Baptême des Chrétiens.
Se couvrir la tête étoit encore un uíàge essentiel dans leculte Religieux. Aujourd’hui les Juifs observent comme au-trefois d’avoir la tête couverte d’un voile dans la Synagoguetout le tems de la Dévotion publique. Les Turcs , qui pro-fessent une Religion dérivée en partie du Judaïsme, imitentles Juifs en ce qu’ils ne se découvrent point non plus, pourprier Dieu dans leurs Mosquées. Les Romains , après s'e-tre lavés , se couvroient quand ils s’aprochoient des Dieux,moitié par respect, & moitié par superstition. Les signes fontarbitraires. II n’est question que de s’attacher à F objet qu’ilsnous representent. Nous nous découvrons pour prier Dieu &pour nous aprocher des choses sacrées. Nous nous découvronsen entrant dans les Eglises: mais quelle bizarrerie veut que lesProtestans Reformés aient la tête couverte pendant la Lecturede la Bible, & le Sermon du Ministre, tandis qu’ils se décou-vrent au chant des Pseaumes & à la Priere ? Ces mêmes Mini-stres Reformés prêchent en certains Païs la tête couverte. Je re-viens aux Romains.L’uíage de se couvrir ou de se voiler étoit or-dinaire dans le Service Divin ; c’est-à-dire lors qu’ils prioientleurs Dieux &c. Ils se couvroient loríqu’il s’agissoit d’exciter lacompassion ;& cet usage sepratiquoit non seulement en ces oc-casions, mais encore dans les Cérémonies Nuptiales, pour mar-quer la modestie de la mariée & cette honte virginale, qui ache-
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00 Une partie des Grecs célébré la mémoire de l’institution du Baptême par un Bain dans le Jourdain í& cette Cérémonie se renouvelle toutes les années avec beaucoup de licence. Belle représentation du Baptê-me , qui doit nous mettre devant les yeux la nécessité de la régénération de l’ homme devenu Chrétien í Onne doit par oublier de mettre au rang des ablutions tenues pour essentielles la Bénédiction des Cloches, tellequ elle s e pratique chez les Catholiques. C’est une espèce de] Baptême , puis qu’on les lave avec de l’eaubenite & qu’on leur donne le nom de quelque Saint, fous ïinvocation duquel en les offre a Dieu , a fi n <pu'ìl (&Saint) les protégé & qu'il aide l'Eglise d obtenir de Dieu ce qu'elle lui demande , dit le Rituel d’Alet. Cette ablu-tion est d’autant plus nécessaire aux Cloches, quelles representent, dit le même Rituel , l’ Egbfi ‘P** excite lesfi-delles d louer Dieu , &c. p, e m etal résonnant des Cloches & qui fi fait entendre de loin est une figure de la, durée del Evangile , dont /? bruit, a ete porté par tout le monde. Elles font encore un type des Poseurs & des Prédicateursde l Evangile. L ablution des Cloches est accompagnée de la Bénédiction, afin que les Cloches benites aientla force de toucher les coeurs par la vertu duS . Esprit , ..... ^ que quand en les sonne , elles chaffent les Démons ,&c. Ajoutons à tout cela, que le son des Cloches de l’Eglise en ébranlant les organes de l’ouïe jette la Dé-votion dans le cœur de beaucoup de Chrétiens.