CULTE RELIGIEUX. xxxi
par ce tournoiement à l’immensité de Dieu, qui environne& qui comprend tout en soi. Cette Cérémonie de tourners’est conservée à la Meíse, & contribue Jans doute infinimentau mérité & à la Majesté de ce Sacrifice auguste : car elle excitéla pieté dans le cœur tourne le Chrétien des sens à l'eiprit ,en le détachant de la vanité des pratiques extérieur es , &du plaisir que l'on prend à se'representeí l’apareil de la Re-ligion 5 comme la Religion même.
II y auroit dequoi mire une Dissertation entiere , s’ilfal-loit s’étendre sur les Baisers Religieux , fur les Cantiques queton chantoìt à t honneur de la Divinité , t? fur les Danses^ Sa-crées: trois points capitaux de la Religion Ceremonielle.Nous n'en dirons que le moins qu’il íbìt possible d’en dire. {a)On baifoitla main & même quelquefois la bouche des Dieux.(b) On leur baifoit les pieds & les genoux. Enfin on bai-soit par Dévotion (c) les portes des Temples , les piliers &les poteaux des portes, (d) la terre étrangère où l’on abor-doit; &que n’auroit on pas baisé? puilqu’il stifRíòit àsex-travagance de la superstition de découvrir quelque objet bi-zarre , pour y-attacher la confiance de l’homme. C’est parune semblable superstition, que les Turcs & les autres Ma-hométans, qui vont en pèlerinage à la Meque, baiíènt (e)la pierre noire qu’ils appellent Hagiar Alasuad y & les qua-tre coins du Kabé. L'Idolatrie moderne des Indes Orienta-les & de l’Amerique (/) observe auísi cette partie du Cul-te Religieux, que les Catholiques ont coníacrée à l’hon-neur de la Croix & des Reliques des Saints. Ils l’ont enco-re consacrée en des occasions de Cérémonie. A l’aíperfionde f Eau Benite le Prêtre baise l'Aspersoir, à la Proces-sion des Rameaux le Diacre baise le Rameau qu’il présentéau (g ) Prêtre. II est inutile de s’étendre là-deíïlis , & de
(g 2) dé-
co V. Cicer. 5. ìnVerrem. Lucret. Lib. I. Tacit-, Ann. L. 15. &c.
(b) Apul. Miles. n. Prudent.
C 0 T'ibul. L. 1. Eleg. 5. Armb. L. 1. Virgil. ayRueid. Lib. 2. &c.
(d) Homer. in OdjJf. Ás.
Ç) Le s Mahométans reverent extrêmement cette pierre & rappellent la perle du Paradis, qui de & lumièreedairoit autrefois tout le territoire de la Mecque j mais les pêchés des hommes l’ont noircie , à ce. qu’ils di-íènt. Jacub Ben Sidi nous aprend que Mahomet a ordonné de confesser ses pêchés devant cette pierre, d’ypleurer, d’y gémir & d’y implorer la Miséricorde Divine, &c. Le Kaba ,ou la Chapelle quarree , avoir étéfaite par les Anges, suivant la tradition des Musulmans, mais ils la porterent au sixième Ciel, pour la pré-server des eaux du Deluge. Le Kaba d’aujourd’hui est de la façon du Patriarche Abraham, â qui Dieu fitenvoier du Ciel l’ombre du premier pour modelle. Voiés le petit livre intitulé Refyublica Arabi#,
(/) V. YHifl. de la Conquête du Mexique, YHiJìoire des Tncasy les Potages de Dellon , Tavernier &c. auxInd. Orient.
(g) Voiés les Rituels> '■