dissertation histori ou e
XXV. (a) Comme ils croyent encore , que les a-mes de? damnez & de ceux qui sont en Purgatoire,ne souffrent point pendant tout le tems du Sabbat ;aussi en prolongent ils la durée par leurs chants & parla priere.
XXVI. QqW chacun est de retour dans la mai-son, on allume un flambeau, ou une lampe qui soitau moins à deux mèches. Le Maître du logis prenddu vin dans une tasse, & des épiceries de bonne odeur;& après avoir dit quelques passages des Prophètes,comme du Pseaume i í <?. je leveray le Calice de salut,8c ce qui est dit à la fin du 8- Chapitre d’Esther : AuxJuifs fut lumière, &c. & autres pareils passages, poursouhaiter que tout prospéré & réussisse dans la semaine oùl'on entre; il bénit le vin & les épiceries, & les sent,pour commencer la semaine avec plaisir. Áprès il bé-nit la clarté du feu dont on ne s’est point encore ser-vi, & il regarde ses mains & ses ongles, parce qu’onva commencer à travailler. Ce que nous venons derapporter a beaucoup d'autres significations dans lesLivres des Rabins, mais tout se réduit à donner desmarques que le jour du Sabbat est fini, & qu’il estasors séparé du jour de travail qui le suit, & ils fi-nissent par là. Aussi toute cette cérémonie se nommet’elle haldala, ou distinfrion. A même tems les uns j ettentdu vin par terre en signe d’allegresse , d’autres chan-tent ou récitent quelques Pscaumes & des Passages, pouraugurer une heureuse semaine ; après quoi chacun s’oe-cupe à ce qu’il veut.
XXVII. En se saluant l’un l’autre ce soir là, ils nedisent pas bonsoir, mais Dieu vous donne une bon-ne semaine.
C H A P I T R E II.
De U nouvelle Luné , du nom des mois, & dumois intercalaire.
I. T E cours d*une Lune fait le mois des juifs, &
JLj la nouvelle Lune est le commencement dumois.
II. Du tems du Sanhedrim, c’est-à-dire , des Jugesde Jérusalem , ils envoyoient ordinairement deuxhommes exprès, qui les venoient avertir si-tot qu’ilsavoient découvert la Lune , & fur leur rapport, ilsfaisoient publier que le mois étoit commencé de cejour-là , & ils regloient fur cela les Fêtes dans les temsprescrits. Mais depuis la mine du Temple , ils le fontpar des supputations, & l’on imprime tous les ans unCalendrier, qui leur sert pour sçavoir les nouvelles &les pleines Lunes , les quatre faisons de l’année, lesFêtes, & autres choses de cette nature. Ils marquentaussi à présent dans ces Calendriers les Fêtes des Chré-tiens , pour la conduite qu’ils doivent tenir dans lenegoce qu’ils ont avec eux.
III. La nouvelle Lune est un jour de Fête , com-me st est marqué au Livre des Nombres ; (b) & par-ce qu’on faisoit un nouveau sacrifice ce jour-là. Cet-te Fête répond quelquefois à deux jours , sçavoir àla fin de l’un , & au commencement de l’autre. Iln’est point défendu de travailler , ni de faire des af-faires. Les femmes seulement ont de coutume des’abstenir de leur travail, & l’on fait un peu meilleurechere qu’à l’ordinaire.
IV. On fait mention dans les prières du premierdu mois, & ce jour-là on dit depuis le Pseaume 113.jusqu’au 1 18. On tire le Pentateuque, & on y lit |
(a) Cela est retranché de la seconde Edition.
(b) Nomb. 10. v. 10. & 28. v. n.
quatre personne? , à quoi on ajoute la priere Massas:
(c) Qn lit dans le même tems le sacrifice qui se faisoitautrefois ce jour-là.
V, Le soir du Sabbat qui fuit le renouvellementde la Lune, ou un autre soir suivant , lorsque l’onapperçoit le Croissant, tous les Juifs s’affemblent, &font une priere à Dieu , le nomment Créateur desPlanètes, & le Restaurateur de la nouvelle Lune. Puisse haussant vers le Ciel, ils demandent à Dieu qu’ilssoient exemts de tous malheurs ; 8 c après avoir faitmémoire de David, ils fe saluent & se séparent.
VI. Voici les noms de leurs mois , tifri , haffkan ,chijkn , teved, fievat, adar , nijfaa: jiar, Jìvan, ta -mus, au, elul. Tifri, par ou ils commencent à conter jrépond à Septembre ; mais je parlerai de cela plus aulong en traitant plus bas du commencement deTannée.
VIL Pour égaler les années solaires avec celles dela Lune, ils font chaque cycle ou révolution de 19.ans; & de ces 19s années, il y en a sept de treizemois chacune , si bien que de deux ou de trois ans,T un est de treize mois, qu’on appelle (d) Meubar.Quand cela arrive , on conte deux fois le mois A-dar , & on le place entre Février & Mars ; il y aalors Adar premier , & Adar second , qu’on nomme( e ) Vèadar.
CHAPITRE III.
De la Fête de Paque.
L T E 15. du mois de Nisan, qui répond souvent
L à Avril, est lé premier jour de la Fête de Pâ-que, nommée (f) Pesas h, qui est la commémorationde la sortie d’Egypte , & qui dure une semaine : Maisceux qui sont hors de Jérusalem & de son territorie,la font durer huit jours, suivant Tancienne coutu-me , lorsque pat Tordre du Sanhedrim on déclarait lanouvelle Lune sans supputation , comme je Tai dit auChapitre précédent. Cette Fête est commandée auChapitre 12. de l’Exode , (g) 8c en plusieurs autresendroits de l’Ecriture, où elle est fort expresse.
II. Les deux premiers jours, & les deux derniersde la Pâque , il est Fête solemnelle ; & on ne peut,pendant ce tems-là, ni travailler , ni traiter d’affaire,ce qui s’observe presque comme le Sabbat. Mais il estpermis de toucher au feu , d’appréter à manger , &de porter ce que Ton a besoin d’un lieu en un autre.Pendant les quatre jours du milieu , il est seulementdéfendu de travailler ; mais on peut manier de T ar-gent, & ces jours ne font distinguez de ceux oùl’on travaille , qu’à de certaines choses singulières.
III. Pendant ces huit jotirs , il est défendu awxJuifs de manger , ni d’avoir chez eux , ni en leurpouvoir, du pain levé, ni aucun levain ; fi bien qu’ilsne mangent durant ces huit jours, que du pain fanslevain nommé (h) Azyme.
IV. Pour bien observer ce precepte , ils cherchentavec une exactitude scrupuleuse dans toute la maison,pour en ôter jusqu’aux moindres choses fermentées.Ils visitent pour cela tous les coins du logis , les cof-fres, & les armoires. Puis ayant bien nettoyé la maison,ils la blanchissent, & la meublent d’utensiles de table& de cuisine toutes neuves , ou de celles qui ne fer-vent qu’à ce jour-là. Si elles ont servi à d’autres, 8cqu’elles soient de métal, ce n’est qu’après les avoir fait
re-
(c) Ajoutée, comme nous disons faire mémoire ou commé-moration de quelque Fête dans nos Offices.
(V) Intercalé, (e) Et adar, ou second adar.
(f) Passage, (g) Exod. ir. v. 14.
(h) Exod. ir. v. ij-, 16, >7-