SUR LES CEREMONIES DES JUIFS &c. 115
Allemans l’obíèrvent. Le maître de la maiíòn fait cette Cérémonie de-bout chez foi en preíènce de la famille & des Domestiques On allume un flam-beau ou une lampe, & l'on a devant foi une boëte de lenteurs. Les parfums lesplus exquis ne le íònt jamais trop pour la Habdalìa. Le Maître prend un verreplein de vin ou de biere de la main droite & dit tout haut, Dieu es monfau»meut , je ne craindrai p oint &c. Le salut mient de Dieu ; je prendrai le Calice de sa-lut &c. après cela il bénit le vin & dès le commencement de la bénédiction enveríè tant soit peu a terre. La Bénédiction finie, il prend le verre de la maingauche & les lenteurs de la droite. Il bénit ces lenteurs , les lent & les fait sen-tir eníùite aux Astìstans : après quoi il reprend le verre de la main droite, s’a-proche du flambeau, examine avec attention les ongles de là main gauche. Lesdoits de la main doivent être pliés en dedans, mais il les étend auííì-tôt après,examine une seconde fois les ongles de cette main tout proche de la lumière &prononce une troisième Bénédiction, par laquelle il bénit Dieu Créateur de la lu-mière. Il pratique la même Cérémonie pour la main droite & la finit en pre-nant le verre de cette même main & benistànt Dieu, qui a séparé la sainteté d’a -mec ce qui es prophane , la lumière d’avec les tenebres , les Juifs d’amec les autres Na-tions & le Sabbat des autres jours de la semaine. En récitant cette Bénédiction -il répand un peu de vin , en boit quelques goûtes & preíènte eníùite le verre àla Compagnie.
Les Juifs établistènt la raison de cette Cérémonie fur la division que Dieu fîtde la Lumière d’avec les Tenebres, & fur ce que Dieu leur a ordonné, au v. io.Chap. 10. du Levitique, de séparer ce qui es saint d'amec ce qui es prophane. En-fin cette Cérémonie repreíènte la distinction que Dieu a mile entr’eux & les au-tres Nations , qui íònt prophanes á leur égard. Les parfums que l'on sent à lafin du Sabbat, & lors qu’on fait la Habdalìa , fervent á corriger la mauvaise odeurde l’Enfer , dont la porte s’ouvre alors pour faire rentrer les âmes damnées, (a)C’est le sentiment des Juifs Allemans ; mais quelques Portugais très éclairésdiíènt avec plus de solidité , que la Lumière &: les bonnes lenteurs íònt desEmblèmes de la Loi que Dieu a donnée aux Juifs ôc (b) de la sainteté que l’onne doit jamais perdre de vûë dans le cours de íès travaux. A l’égard des On-gles, 011 les regarde comme l’image de la fécondité, parce quelles croissentfort vite ; ou comme l’image de la force. Plusieurs autres raisons que l’on don-ne de cet examen des ongles íònt encore plus frivoles que les deux premieres.L’effusion du vin bénit repreíènte l’abondance que l’on íè promet par íòn tra-vail. Quelques Juifs s’en frotent les yeux & croient que c’est un remede excel-lent pour fortifier la vue. D’autres s’en fervent comme les Catholiques de l’Eaubenite , & en arrosent la maiíòn, les lits, les berceaux, les petits enfans, ôctout ce qui peut être expose aux insultes de Satan.
LA NOUVELLE LUNE.
Cette Fête exempte les femmes du travail ; mais pour les hommes, il leurest permis d exercer leur vacation à l’ordinaire. (c) Les Juifs prétendent que laNouvelle Lune est particulièrement la Fête des femmes, en mémoire de ce qu’el-Tome L Z les
(d) Buxtorf. Syn. Jud. Cap. ig.
(S) La borne odeur est prise souvent dans l’Ecriture pour la Sainteté. On dit ordinairement d’un hommequi a vécu saintement, qu’il est mort en odeur de Sainteté,
(c) Buxtorf. Syn. Jud. Cap. z z.