i;8 SUITE DE LA TROISIEME DISSERTATION
de la Colchide, les Iduméens &c. Alors on se contentoit de tirer quelques goû-tes de íàng de la partie destinée a íôufrir la Circoncision , & l'on appelloit ceíàng le Sang de ïAlliance. Trois Témoins aísistoient a cette Cérémonie , afinde la rendre plus authentique. Après que la plaie étoit guerie, on baptisoitleProsélyte. Quelle que soit l'origine & l’antiquité de cette pratique , il est sûrquelle annoncoit au Prosélyte l'expiation de ta conduite paísèe & la necestìté demieux vivre dans la fuite. Les trois Témoins aísistoient au Bapteíme commea la Circoncision ; mais lors qu on baptifoit une femme, les trois Témoins dé-voient íè retirer , en tournant le dos à celle qui íòrtoit de l’eau. Il falloit quel’eau touchât toutes les parties du corps, fans quoi le Baptême n’auroit pas étérégulier. Un Sacrifice achevoit d’introduire le nouveau converti dans le Judaïs-me: après quoi il étoit déclaré & réputé Juif. Il renonçoit â íès intérêts tem-porels & changeoit même de nom. C’étoit un homme nouveau , une NouvelleCréature. ■ „ . ■ .
Cette Cérémonie est rare aujourd’hui. La politique ne permet pas aux Juifsdetendre par la conversion les bornes étroites du Judaïsme & l’on peut mêmedire â leur louange , qu’ils évitent de jetter dans les Consciences le trouble &le scrupule qui accompagnent ordinairement la Controverse. Une vie tranquil-le & Un commerce abondant font maintenant les seuls objets de leur am-bition. t
La CIRCONCISION.
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Si la bienfeance permettoit d’entrer dans quelque détail fur l’origine de cetteCérémonie , on pourroit faire voir par des citations des anciens & par des raisons{a) tirées de la medecine & de la nature de la partie sor laquelle on fait la Cir-concision , que cette opération étoit regardée comme neceflàire pour entretenirla propreté ôc la santé. Il y a même quelques Païs Méridionaux où (b) les fem-
(a) Il est certain que la Circoncision a pris fa naissance dans les Pais chauds. Les gens du Nord ne Pontpas imaginée, parce que le froid du Climat ne la rendoit pas nécessaire. L’acreté des humeurs y est beau-coup moins dangereuse. Elles ne se corrompent paS si facilement. Les Mahométans Pont prise des Juifs, ouretenue comme une coutume nationale, dont ils ont fait ensuite le seau de leur Religion. Le Cérémonialest quelquefois des plus bizarres. En voici un exemple. 5
Les Macafíarois asseient fur une tête de buffleou Bœuf sauvage celui qui doit être reçu par la Circoncision, aunombre des fidelles Musulmans. Au lieu que les T ures circoncisent à Page deiz.oui$. ans, en mémoire òé Ismaël,qu’ils reconnoissent pour leur Patriarche, ceux-ci avancent la circoncision àl’âgé de huit ou neuf. Avant que d’aseseoir Pensant sur cette tête sacrée, on le baigne pendant quelque tems; après quoi un Prêtre Macaílàre apporte, latête, la met fur une natte, la couvre d’un linge blanc, y place Pensant, qui se tient gravement entre les deuxcornes de la tête, les mains croisées fur la poitrine, pendant que le Prêtre lui fait un discours très Musulman,où Péloquence Macassaré n’est nullement épargnée. On l’y encourage à souffrir patiemment les douleursde cette opération religieuse. On lui fait voir la grandeur des biens & la douceur des plaisirs, qui doiventêtre,& dans cette vie & dans Pautre, la récompense de fa soumission à la Loi des Musulmans : mais en mêmetems qu’on lui fait voir les félicités éternelles, fuites infaillibles de la sainte circoncision ; s’ilparoit indispo-sé à la souffrir, on lui dénonce les malheurs horribles dont il fera accablé & dans ce monde-ci & dans Pau-tre , suites infaillibles de fa désobéissance. Cette pompeuse éloquence est souvent peu à portée de la capacitéde Pensant. Alors il lui faut quelque chose de plus sensible que ces promesses. Après cette exhortation lePrêtre teint le front de Pensant avec du sang de la tête fur laquelle il est assis, & lui fait prononcer la confes-sion de foi Mahométane. Trois autres Prêtres s’aprochent ; Pun prend la main gauche & les deux autresles pieds. Un habile operateur s’avance 'tenant en fa main deux petits bâtons fort minces & fort unis,avec lesquels il tire la peau qui doit être en partie retranchée par le moien d’un couteau bien affilé qu’il adans fa droite. Le prépuce est reçu dans un bassin & enterré en même tems au pied de Péchelle de la mai-son. Nous tirons cette Cérémonie de la Description dtt Roiaume de Macaçar par M. Gervaise , mais nous l'a-bregeons ici & en renvoions le détail aux Cérémonies Religieuses des Indes Orientales. N’oublions pas de re-marquer, que cette Cérémonie est fort lucrative pour les Prêtres & les Médecins du Macafldr.
(b) En quelques Païs de P Afrique , où, si l’on en croit LeonV Asriquain, il y a des hommes qui fontmétier de circoncire les femmes. Il ajoute que le cri du métier est, qui ejì celle qui veut être coupée ?
Les Macaffares circoncisent aussi les filles.
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