z8 SUITE DE LA DISSERT. SUR LES CEREM.Le CONCILE.
Le Concile (a) est une Assemblée qui represente le corps de l’Eglise Universel-le. On donne aussi le nom de. Concile aux Assemblées Provinciales & Nationna-les des Ecclésiastiques, qui pourtant ne representent alors qu’une partie de l’E-glise. Le Concile est composé de Députés Ecclésiastiques des Etats Souverains dela Chrétienté représentant leurs Nations, & même ( b) d’autres Prélats, Docteurs &c.des Eglises particulières, tous assemblés dans un endroit libre, avec le droit detravailler librement a la reforme des mœurs, Lé de la Doctrine; au rétablisse-ment de la Discipline Ecclésiastique, &c. Cette Assemblée a le pouvoir decensurer les Prélats, les Cardinaux , & même le Pape, si la conduite de S. S.en est digne. Le Concile peut encore déposer les uns & les autres, lorsque lébien de la Religion l'exige. Ensin cette Assemblée, qui peut arrêter par (c) sesupériorité les entreprises injustes des Pontifes; qui les soumet à l’Eglise pour lesmatières de foi ; qui les déclare Schismatiques ôc Eíeretiques s’ils s en écartent,leur a été plus d’une fois très fatale. Nous appelions en témoignage de cette vé-rité les Conciles de Pise , de Conjlance & de Baie.
A legard des Cérémonies de la convocation du Concile , comme il ne s’enestpoint assemblé depuis celui de Trente , nous les décrirons conformément a ce queFr a Paolo nous rapporte dans l’Histoire de ce dernier.. Il nous aprend qu’il n’yeut ni moins de contestation ni moins de difficultés, pour le rang & la préséan-ce des Prélats Lee. que s’il se. fut agi (d) d une affaire purement civile ; que lesPères du Concile demanderent.que le lieu de la seance fut tendu de tapisserie, sensquoï il étoit a craindre que le Concile ne fut regardé comme une Assemblée degens méchaniques &c d’artisens. Le Pape Paul III. donna une Bulle pour con-voquer
(a) Il s’agit ici de celui qu’on appelle Oecuménique ou Universel. -
(b) II faut distinguer entre les Peres du Concile & les Théologiens, Ambassadeurs &c. par exemple eiïJanvier 1546. il y avoit à Trente 43. Peres, & outre cela zò. Théologiens. Dans la fuite il y eut environ60 Peres. Dans la troisième Séance y en eut plus de zoo. Ces Peres étoient à proprement parler, le Conci-le. II ne nous apartient pas de rechercher si l’on doit lui refuser le titre & Oecuménique en quelqu’une de sesSéances; & s’il étoit libre, ou s’il ne l’étoit pas &c. Le Concile de Constance étoit de même un Concile Oecu-ménique; puisque, scion M. Lenfant dans la Préfacé de son Histoire, „ il dût y avoir trente Cardinaux, qua-„ tre Patriarches, vint Archevêques, environ cent cinquante Evêques, plus de cent Abbés, quatorze„ Auditeurs de Rote, plus de cent cinquante autres Prélats, tant Généraux d’Ordre que Prieurs, envoies de„ divers endroits, & plus de deux cent Docteurs. " Il nousparoit qu’un Concile peut s’attribuer en quel-que façon le titre d’ Oecuménique , loríque l’on invite toutes les Puistances Chrétiennes a y envoler leurs Dé-putés, pour travailler de concert à l’examen de la Doctrine & des mœurs; avec prorhesse de n’être pas vio-lentés en leur examen.
(c) Les Ultramontains, plus fidelles Serviteurs du Pape que le reste des Chrétiens, croient que le Concilen’a d’autre autorité que celle qu’il plaitàS.S. de lui esonner : ils veulent que 8. S. ait feule le, droit de le convo-quer. 11 s s’eíforcent de persuader que la décision du. Pape tient lieu de Concile Oecuménique. Castalius PrélatRomain, & par conséquent zélé pour les Papes, tâche de prouver dans son Livre Latin des Cérémonies desylnciens chrétiens, que les Empereurs n’ont jamais eu le droit de convoquer des Conciles fans l’autorité da Pa-pe. II ne manque pas de subtilités Italiennes, par lesquelles il essaie de réfuter 1 "Impie Calvin, qui a soutenule contraire. Voies la Remarque suivante.
(d) Dans les premiers tems de l’Eglise on s’assembloit fans cérémonie , parce que le S. Esprit présidoitseul à ces Assemblées & que la charitéTemportoit fur toutes les vues humaines. L’intérêt & le point d’hon-neur s’y glissèrent dans la fuite.' Le plus habile , ou le plus considérable par la grandeur de fa Ville ou par ladignité de son Eglise vouloir diriger l’Assemblée, y proposer les matières, prendre les avis. Lorsque l’E-o-life fut entierement affermie & que la Religion fe vit à couvert sous la Puissance temporelle, il survint dansla Doctrine & la Discipline des difficultés qui troublèrent le repos public, à cause de l’ambition du Clergé, &qui obligèrent les Princes & les Magistrats à se mêler dans ces Hffemblées. Us commencerent à les convoquer pardroit de police & de leur chef. Ils assistèrent à ces Assemblées , reglerent leur forme , ,y proposèrent, &donnerent même des sentences íur les diffeiens qui naissaient, laissant néanmoins a 1 Aílemhleé la décisionde la controverse principale qui saifoit le sujet de la convocation. Tout cela se voit par les Actes de plu-sieurs Conciles. 11 n’y avoit alors ni préliminaires; ni cérémonies & l’on entroit d’aborden matière. V. Fr#Paolo Hist. du Cône, de Tr. L. 2.