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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS. 55

îa Latine : Tune est chantée par le Soudiacre Grec & l’autre par le Latin. Les Musi-ciens qui sont au Chœur chantent le Graduel, un Cardinal Diacre chante l’Evangileen Latin, un autre chante l’Evangile en Grec & la Mesiè finit par des Cérémonies,dans le dctail deíqueiles nous entrerons dans la fuite, mais il ne faut pas oublierqu’après la Messe S. S. se remet dans {a) se chaise íâns quitter les paremens quilui ont íèrvi pendant la célébration. Alors le Cardinal Archiprêtre de SaintPierre, accompagné de deux Chanoines-, présenté à S. S. une Bourse de damasblanc, dans laquelle il y a vint cinq Jules de Monoie ancienne. Le Chapitre & lesChanoines de S. Pierre lui donnent ces 25. Jules en {b) reconnoissance de cequ’il a (c) bien chanté la Mejse. S. S. donne cet argent aux Cardinaux Diacres quiont chanté les deux Evangiles, & ceux-ci le donnent à leurs Caudataires.

Enfin le nouveau Pape est porté â la loge de la Bénédiction, accompagné deses Cardinaux Lc des Prélats. Le daix fous lequel on le porte est soutenu par lesConservateurs & les Caporions : deux palefreniers du Pape vêtus de rouge tiennentchacun aux côtés de la chaise du S. pere un Evantail de queues de paon. Les Cardi-naux òc les Prélats se tiennent debout , pendant que les deux premiers Cardi-naux Diacres, en qualité d’Aísistans, aident à S. S. a monter au Thrône, quele Sacré College a fait dresser le jour précédent au millieu de la Loge. Déíque lePape s’est assis, le Chœur chante l'Antienne (d) Corona aurea super caput òíc. avecles répons , âpres lesquels le Doien récité (<?) l’Oraifon du Couronnement. Le se-cond Cardinal Diacre ôte la Mitre au Pontife, & le premier lui met le (f) Trire-gne 'fur la tête en lui disent (g) Recemés cette Tiare qui ejl ornée de trois Couronnes ,& n oubliés pas en la portant , que mous êtes le Pere des Princes & des Rois, lArbi-tre de l’Univers 5 & fur la terre le Vicaire de Jefus-ChriJl notre Sauveur &c. LePape n’oublie jamais cette exhortation. Il bénit ensuite trois fois le Peu-ple , & deux Cardinaux publient en Latin & en Italien une Indul-gence plénière. Après cela S. S. se retire à íòn apartement du Vatican, &passant par la Chapelle de Sixte les Cardinaux Diacres lui ôtent ses or-Remens Pontificaux. Le premier Cardinal Prêtre lui seit âu nom du SacréCollege un compliment ad multos annos. C'est-à-dire qu’il lui souhaite plusieursannées de Pontificat. Cependant l’Artillerie du Château Saint Ange, se faitentendre dans toute la Ville par une triple décharge. La Cavallerie est fous lesArmes, de même que l’Infanterie. Les maisens sont illuminées , les placespubliques font brillantes de feux de joie. L’air est allumé par une multitude in-

O 2 finie

(<*) Sella geflatoria Ltmadoro.

(f) Cela s’appelle en Latin d’Eglisc Presbjterium. (c) Pro bene cantata mijfa.

(d) La Couronne d’Or fera fur fa tète &c.

( e ) On y demande à Dieu ,, qu’il fasse la grâce au Pape de gouverner l’Eglife avec édification , en qua-3» lité de Pere des Rois & de Directeur des fidelles fur lesquels Dieu l’a établi “ &c.

(f) Ce Bonnet conique orné de trois Couronnes toutes brillantes de pierreries est d’un prix inestimable.e Iui que le Pape Paul II. consacra, quoique chargé de, joiaux, ne valoit pas le Triregne de Clement VIII.

st u e l’on estimoit, dit-on, cinq cent mille pieces d’or. A l'égard de Paul II. il est le premier des Pontifes5 Ul soit avisé d’orner son Triregne de pierreries. Ce Successeur de Saint Pierre les aimoit avec tant de paf-'on,qu’il faisoit enlever à prix d’argent ce qu’il y avoit de plus exquis en joiaux, pour les mettre à son bon-b Ef Triregne de Martin V. étoit de cinq livres & demie de perles, & pefoit outre cela quinfe livres en or.elui de Paul V. valoit beaucoup plus encore. Il n’y a rien que de raisonnable en cela, dit le P .Bonnannì, quinous soumit ces particularités dans son Livre de la Hierarch. Ecc . puisque sePape gouverne le Roiaume de Christn qualité de son Viceroi: or ce Roiaume l’emporte infiniment sur tous les Empires de l’Univers. Le Souverainacrificateur des Juifs portoit fur la tête & fur la poitrine des richesses qui reprefentoient la Majesté du Dieu fu-tres"^ tv -'ssî re P re stnte celle du Sauveur du Monde,& rien ne l’exprime mieux que les richesses. LesPrê-re p s es Démîtes du Paganisme portoient auífi des Couronnes précieuses : il seroit donc fort injuste d’enç f r U j C ^àhlable a celui qui est se premier Prêtre de la Religion Chrétienne. N’oublions pas que les deuxssin ° n o S , ^ are pontificale representent les deux maniérés ^'interpréter l’Ecriture,l’une selon le sens my-Ul que & l’autre selon le sens littéral. V 3

y-lP r f cci P e Tiaram tribus coronis ornâtam & scias te elfe Patrem Prmcipum & Regum , Rettorem Or bis , inrra Ticarium Salvatoris nojlri Jefu-Christi &c.