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7 6 SUITE DE LA DISSERT. SUR LES CEREM,
lebrer pendant le cours du Voiage. C’ést á eux auíïï qu il apartient de l’accompa*gner chacun a cheval Lc la lanterne à la main. Ils ornent l’Autel, allumentles Cierges, couvrent les {a) tables de l’Autel, apprêtent le Siège pour le Célé-brant, rangent les bancs , & les coussins, habillent l’Assistant, ont foin de l’En-cenfoir, prefentent Peau & le vin qui doivent íèrvir a la Messe &c. Nous crai-gnons que ceux qui liront ces Descriptions ne íè trouvent souvent prévenus con-tre la régularité scrupuleuse qui s’observe en toutes les pratiques religieuses quenous décrivons ici : mais nous leur répondons que la dévotion de beaucoup degens seroit entierement dérangée , íi l'on oubiioit la moindre des Cérémoniesqu’il ont accoutumé de voir pendant leurs Actes de pieté. Par exemple il y apeut être des Dévots dont la pieté est rejouïe par le changement des couleurs félonles paremens qui doivent íèrvir au célébrant. Il se peut qu’ils élèvent plus facile-ment leur cœur a Dieu , quand le rouge prend la place du violet. L’Apareil su-perbe du Vicaire de Jesus-Chri st , qui , pendant son séjour sur la terre,a été le plus humble de tous les hommes, frape quelques autres. Un Autelcouvert de íès paremens, un Prêtre revêtu de íès ornemens Pontificaux , toutesles Cérémonies qu’il fait pour dire la Meílè, nous préparent au plus grand de tousles mystères. On s’y accoutume si-bien, qu’on ne pensé point aux mystères,fi le Prêtre n’est habillé décemment , où fi les Cérémonies font oubliées. Si Tu-íàge de tourner comme les Derviches , ou celui de mesurer de son corps quel-ques arpens de terre, ainsi que certains Faquirs du Mogol le pratiquent par dé-votion , s’étoit introduit depuis plusieurs siécles dans la Religion Chrétienne,il est à présumer qu’on auroit pû s’y accoutumer. L’habitude nous fait regarderavec respect l’habit d’un Moine ou d’un Prêtre, & avec mépris les larges culotesd’un Suisse : Si le respect étoit établi pour cette culotte, comme il l’est pour larobe, d’un Cordelier, ou pour la soutane d’un Prêtre ; nous trouverions certaine-ment de grans mystères dans la culotte. Par exemple íà largeur pourroit nous re-preíènter l’étendue des Vertus Religieuíès. La quantité de plis que les Suisses ob-servent d’y faire, marqueroit le nombre infini des- Devoirs Religieux. Leur arran-gement marqueroit Tordre qu’il faut observer en les remplissant &c.
Les CEREMONIES de la MESSE.
Après avoir parlé de la Chapelle du Pape, nous devons expliquer un peuen détail les Cérémonies du Sacrifice de la (h) Messe , que les Catholiques re-gardent comme la plus excellente de toutes les adorations, & la plus efficacede toutes les prières. Non seulement l’Eglise prie pour elle même à ce sacrifi-ce,- qu’un Prêtre offre a Dieu de la maniéré la plus auguste que Teíprit humain aitpu concevoir j (c) mais Jeíùs- Christ lui-même offre a son Pere par le sacrifice deson corps l’adoration la plus parfaite qu’on puisse lui rendre, puifqu’elle lui estrendue par un Dieu. C’est en un mot Jefus-Christ qui agit seul & toujours en cesacrifice. Le Prêtre n’est que le Ministre, Tinstrument, Torgane. Jefus-Christle conduit ôc le dirige. Il rend efficace faction du Prêtre , qui Tossre comme
(a) Voi. Ci-devant.
(b) Quelques savans prétendent dériver le mot de Messe d'un terme Hébreu, qui signifie oblatiotr, à quoiil n’y a point d’apparence, puisque les Orientaux ne se servent pas de ce terme. D’autres Etymologies nefont pas moins forcées que celle-là. On convient en général que le mot est corrompu de Mijsw, qui est derplus Latins & même d’un usage fort ancien.
(c) Explication des Cerem. de l& Messe*