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[Volume I.]
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152 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES

considérable de Musiciens ôc portant la Croix, la Panniere de la Confrai-rie ôc des Lanternes. La Bannière de S. Pie étoit escortée par vint Palefreniersdu Pape ôc trente Suisses de fa garde. On sonna les cloches de toutes les Egli-ses devant lesquelles ils paíserent ; les fenêtres dds Maisons furent ornées avecbeaucoup de dévotion. Il y eut par tout des illuminations, ôc l’on fit des dé-charges de l’Artillerie. Enfin l’Ordre de S. Dominique ss mit en fraix. Cin-quante petits canons furent placés aux dépens de ces Moines devant Sainte Ma-rie de la Minerve, ôc l’on vit alors que le ronflement de l’Artillerie n’a rien d’ef*fraiant pour des Reclus qui dans leur retraite n’embraffent que la Croix ôc nemanient que le Chapelet. La Procession íè rendit a Sainte Marie de la Miner-ve ôc traversa cette Eglise fur deux colonnes.

Lorsque l’Etendart fut prêt à entrer dans Sainte Marie de la Minerve, uneEminence, qui l’attendoit à la porte en ses habits Pontificaux au millieu de (onDiacre ôc de íbn Soudiacre, fe hâta daller au devant de lui, & quittant la Mi-tre íè mit à genoux fur un tapis étendu exprès. En cette posture le Cardinal(a) adora l’Image ôc l’enceníà. Cet Etendart fut porté fur le grand Alltel ôclorsque l’on en fit élévation, S. E. tournée vers la Croix de l’Autel entonna leTe t>eum } encensa l’Image, chanta l’Oraison du Saint, ôc bénit ensuite les fidellesau bruit du Canon, dès Trompettes ôc des Tambours. Eíuit jours entiers su-rent emploiés en pieuíès réjouissances accompagnées de Messes ôc d’Indulgen-ces. Nous finissons ici cette description, qui n’est déja que trop longue.

Tout ce que l’on offre pour une Canonisation est misterieux: les Cierges,qui, félon notre (b) Mystagogue , repreíèntent l’humanité de Jesus-Christsont aussi l’embléme de la chasteté des Saints, ôc des bonnes œuvres qu’ils ontfait briller aux yeux des hommes. Le pain , l’eau ôc le vin preíentent l’idéede la vie spirituelle. Outre cela le pain marque la reconnoiflance que l’on doitâ Dieu, ôc ces trois choíès ensemble sont des types de l’Ossrande que Jesus-Christ fit de son corps en la Cene qu’il célébra avec íès Apôtres. A l’égardde la Tourterelle, cet Oiíèau qui est l’embléme de la fidélité conjugale, il seroitdifficile de s’en paflèr â la Cérémonie de la Canonisation. Elle nous repreíèntetrop bien cette inviolable fidélité que les Saints ont jurée â Dieu. La Tourte-relle est aussi l’embléme de la vie contemplative des Saints, car elle aime commeeux la solitude. Ses gemissemens expriment merveilleuíèment l’affliction que lesfidelles Serviteurs de Dieu ressentent â causé des péchés des hommes. Cependantles belles qualités de la Tourterelle ne nous doivent pas obliger de mépriíèr les Co-lombes, ces animaux qui aiment la compagnie & volent en troupes, symboles par-lans de la vie active des Saints. D’ailleurs le S. Esprit est peint sous la forme d’uneColombe. Pour les petits oiíèaux que l’on offre en cette Cérémonie , ils repre-ssuient encore les Saints, qui, prenant l’essor vers le ciel par la force de la contem-plation , y vont converssr familièrement avec Dieu. Les barils même qui ren-ferment l’eau ôc le vin, les cages où l'on porte les Oissaux, les corbeilles oul’on met les pains, la peinture des Cierges, l’or ôc l’argent avec quoi on ornessspains, font des chosss misterieusss. Nous renvoions les Lecteurs â l’Auteur q ulnous a fourni le détail que nous venons de donner.

(a) S. PU Imaginent adoravit. Acta Canon,(h) Atta Canon, p. Z Co,

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